Lors d’une causerie avec plusieurs médias, dont Gazette Haïti News, le mardi 20 janvier 2026, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, a livré des révélations sur la situation des routes nationales. Alors que les gangs sont souvent accusés de contrôler les grands axes, le chef de la police affirme que certaines autorités locales participent également à l’installation de postes de péage illégaux, transformant des infrastructures publiques en véritables circuits de racket au détriment de la population.
La question de la libre circulation sur les routes nationales reste l’un des défis majeurs de la sécurité nationale. Depuis environ 5 ans, de nombreux axes stratégiques sont soit bloqués, soit contrôlés par des groupes armés, forçant les citoyens à payer des frais de passage. Mais lors d’une interview avec la presse, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, a reconnu une réalité encore plus inquiétante : certaines autorités locales participent elles aussi à l’installation de postes de péage sur ces routes.
Selon lui, il n’y a pas que les gangs qui gèrent les routes nationales. « Dans plusieurs zones, des autorités locales organisent également ces systèmes de perception illégale, au même titre que les groupes armés », a-t-il affirmé. Une déclaration qui met en cause non seulement l’insécurité, mais aussi la gouvernance locale, accusée de détourner des infrastructures publiques à des fins personnelles.
Dans les faits, de nombreuses routes nationales sont aujourd’hui partiellement ou totalement impraticables. Certaines sont fermées par des barricades, d’autres par des murs ou des obstacles imposés par des acteurs non étatiques. La population, elle, n’a souvent pas d’autre choix que de payer pour continuer son trajet. Des chauffeurs de transport en commun racontent devoir verser de l’argent à différents points de contrôle.
Le cas de la commune de Gressier illustre parfaitement cette situation préoccupante. Récemment, la route nationale numéro 2 avait été bloquée par un mur, rendant la circulation presque impossible dans cette zone. À la suite d’une opération menée par la Police nationale d’Haïti (PNH), cet obstacle a été démoli par les membres de la population eux-mêmes.
« Pendant que nous nous battons pour offrir un lendemain meilleur à tous, il faut avoir conscience de ces réalités », a conclu le directeur général de la PNH. Une phrase lourde de sens, qui rappelle que la crise haïtienne n’est pas seulement sécuritaire, mais aussi morale et institutionnelle.
En définitive, la question des routes nationales dépasse le simple problème de circulation. Elle révèle un système plus large, où l’absence de contrôle, la faiblesse de l’État et les intérêts personnels se combinent pour maintenir un climat d’instabilité. Tant que ces pratiques persisteront, la promesse d’un pays où chacun peut se déplacer librement restera un idéal lointain, au détriment d’une population déjà éprouvée par des années de crise.
Arnold Junior Pierre
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