Dans un communiqué publié ce lundi 20 avril 2026, le parti Les Engagés pour le Développement EDE dénonce ce qu'il considère comme des accusations venant d’une coalition proche du pouvoir contre le Conseil électoral provisoire CEP. EDE estime que ces prises de position visent à masquer des blocages politiques et à prolonger la transition.
À travers cette note, EDE répond à ce qu'il qu'il qualifie de "coalition gouvernementale" qui accuse le CEP d’avoir ralenti le processus électoral. Pour le parti, cette position s’inscrirait dans une stratégie plus large visant à faire porter la responsabilité des retards enregistrés dans le processus électoral au CEP. Le parti de Claude Joseph considère, au contraire, que le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ne respecterait pas le calendrier établi et chercherait plutôt à gagner du temps pour ne pas respecter les échances fixées dans le Pacte National pour la Stabilité et l'Organisation des Élections.
Dès les premières lignes de son communiqué, le parti parle de discours « approximatif et exagéré » se référant à la note d'un ensemble de partis signataires du Pacte accusant le Conseil Électoral Provisoire de mettre le processus en veilleuse. Pour le parti EDE, ces accusations traduiraient une volonté de détourner l’attention de l’opinion publique et de justifier d’éventuels reports du scrutin.
Dans cette logique, EDE accuse l’Exécutif de vouloir influencer le fonctionnement du CEP. Le parti met en garde contre toute tentative de contrôle de cette institution, rappelant que son indépendance est essentielle pour garantir des élections crédibles. Une telle ingérence, préviennent ses dirigeants, pourrait accentuer la méfiance de la population envers le processus démocratique.
Par ce communiqué, EDE s’en prend directement à En Avant et le PHTK, membres de cette dite coalition gouvernementale. Selon lui, ces formations chercheraient à remodeler le CEP selon leurs intérêts politiques. Une démarche qui, dit-il , risque d’aggraver les tensions et de conduire à une nouvelle crise politique.
Toutefois, sur le plan financier, EDE reconnait que le budget de 250 millions de dollars présenté par l'institution électoral est trop élevé. Toutefois, il critique l’utilisation de certains chiffres pour justifier des blocages. Le parti rappelle que les élections de 2015 et 2016 avaient coûté environ 170 millions de dollars, sans compter l’appui logistique de la MINUSTAH, ce qui nuance les comparaisons avancées par les partis qui critiquent le CEP.
En outre, le parti souligne des retards dans la gestion du dossier électoral. Le CEP avait soumis son budget dès le 28 janvier 2026, mais ce n’est que le 23 mars qu’une première réunion a été organisée avec le gouvernement. Pour le parti, ce retard montre un manque d’engagement à faire avancer le processus.
Malgré ces difficultés, le CEP aurait poursuivi ses efforts. L’enregistrement de 320 partis politiques et l’organisation d’une simulation le 1er avril 2026 au Lycée de Pétion-Ville témoignent, selon EDE, de sa capacité à avancer. Cependant, certaines décisions administratives ont ralenti ces démarches, notamment en ce qui concerne l’inscription des électeurs.
Au-delà des enjeux politiques, la question de la sécurité reste centrale. EDE insiste sur le fait qu’aucune élection crédible ne peut se tenir sans un minimum de stabilité. Le parti rappelle qu’en juin 2025, 1 309 centres de vote avaient été validés sur 1 534, tandis que plusieurs communes restaient inaccessibles en raison de l’insécurité. Depuis, la situation s’est encore détériorée avec la perte de nombreux centres supplémentaires.
Dans ce contexte, EDE appelle le gouvernement à prioriser le rétablissement de la sécurité plutôt que de s’engager dans des luttes d’influence.
Enfin, le parti invite les acteurs politiques à faire preuve de responsabilité. À ses yeux, le pays traverse une période critique qui exige des décisions responsables et concertées.
Par Arnold Junior Pierre
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