PubGazetteHaiti202005

Alix Didier Fils-Aimé appelle les élites à s’engager dans la vie politique à l’approche des élections

Alix Didier Fils-Aimé appelle les élites à s’engager dans la vie politique

À la clôture le mai dernier de la Première Conférence internationale sur le droit et l’administration des opérations électorales en Haïti, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a lancé un appel direct aux intellectuels, universitaires et professionnels du pays à investir davantage l’espace politique.


Estimant que les prochaines élections doivent marquer un tournant dans la reconstruction nationale, il a également défendu l’action de son gouvernement en matière de sécurité, de justice et de préparation du processus électoral.

L'organisation des prochaines élections ne pourra se limiter à une question de logistique ou de calendrier. C'est l'un des principaux messages délivrés, samedi, par le Premier ministre lors de la cérémonie de clôture de la Première Conférence internationale sur le droit et l’administration des opérations électorales, organisée du 28 au 30 mai par le Conseil électoral provisoire (CEP) et l'Université d'État d'Haïti (UEH) à l'hôtel Karibe.

Devant des représentants du CEP, des universitaires, des membres de la société civile et des partenaires internationaux, le chef du gouvernement a présenté les futurs scrutins comme une étape décisive dans le processus de reconstruction du pays.

Selon lui, l'enjeu dépasse largement le renouvellement des institutions et touche directement à la restauration de la confiance entre l'État et les citoyens.

Dans une intervention marquée par plusieurs appels à l'engagement, Alix Didier Fils-Aimé a particulièrement interpellé les élites du pays. Il a invité les intellectuels, les universitaires, les juristes et les professionnels à participer plus activement à la vie publique et aux prochaines compétitions électorales.

« Qu'est-ce qui empêche les femmes et les hommes de qualité de participer aux élections pour briguer le Sénat, la députation ou les mairies ? », a-t-il lancé, estimant que l'absence des compétences dans les sphères de décision contribue à fragiliser davantage les institutions.

Le Premier ministre a également insisté sur les obstacles qui continuent de menacer le processus électoral. Il a cité l'insécurité, la désinformation, les tensions politiques et les faiblesses institutionnelles parmi les principaux défis auxquels les autorités devront faire face dans les mois à venir.

Pour répondre à ces enjeux, il a rappelé que l'action gouvernementale repose sur trois priorités qu'il juge indissociables : le rétablissement de la sécurité, la relance économique et l'organisation d'élections crédibles. Il a notamment mis en avant les opérations menées contre les groupes armés ainsi que le renforcement récent des structures judiciaires chargées de lutter contre la corruption, le blanchiment d'argent et le financement des réseaux criminels.

Le chef du gouvernement a également défendu le rôle des universités dans le débat démocratique, saluant l'implication de l'UEH dans l'organisation de cette conférence. Selon lui, les établissements d'enseignement supérieur doivent demeurer des espaces de réflexion capables d'éclairer les choix nationaux et de contribuer à l'amélioration de la gouvernance.

Au terme de trois jours de discussions consacrées notamment à la sécurité électorale, aux technologies électorales, aux droits humains, à la participation des femmes, à la désinformation et à la mobilisation citoyenne, les participants ont plaidé pour un processus électoral fondé sur la transparence et la confiance.

Pour clore son intervention, Alix Didier Fils-Aimé a appelé les différents secteurs de la société à dépasser les divisions et à se mobiliser autour d'un objectif commun : la stabilisation du pays à travers des élections capables de produire non seulement des résultats, mais également de la légitimité politique.


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