Le gouvernement haïtien a annoncé ce lundi 4 mai 2026 une hausse du salaire minimum dans le secteur de la sous-traitance. Le segment F est désormais fixé à 1 000 gourdes pour une journée de travail de 8 heures. Cette décision résulte de plusieurs jours de négociations entre les autorités publiques, les représentants des travailleurs et le secteur privé, dans un contexte marqué par une forte pression économique.
Lors d’un point de presse tenu ce lundi 4 mai 2026 au local du fonds d’assistance économique et social (FAES), l’annonce a été officialisée par le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, en présence de la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dr Sandra Paulemon, assurant l’intérim au ministère des Affaires sociales et du Travail et de représentants syndicaux.
Le chef du MEF, Serge Gabriel Collin, a expliqué que cette décision fait suite à plus d’une semaine de discussions. Il a souligné la croissance du secteur de la sous-traitance, qui est passé d’environ 10 000 emplois en 2018 à près de 25 000 aujourd’hui. « Il était nécessaire d’ajuster le salaire minimum. Après de longues concertations, un compromis a été trouvé dans l’intérêt de tous », a-t-il déclaré, rappelant le rôle du secteur dans l’économie nationale.
Du côté syndical, Yannick Étienne, représentante de Batay Ouvriye, a reconnu que les revendications initiales étaient plus élevées, allant jusqu’à 3 000 gourdes pour 8 heures de travail avec des avantages sociaux. Elle précise toutefois que les syndicats ont accepté le compromis de 1 000 gourdes, un montant supérieur aux propositions précédentes estimées entre 810 et 950 gourdes.
Elle ajoute par ailleurs qu’un nouvel ajustement du salaire de production est envisagé dans le prochain budget rectificatif, avec une promesse d’atteindre 1 300 gourdes, conformément aux recommandations du Conseil supérieur des salaires.
Pour rappel, le salaire minimum en Haïti varie selon les secteurs d’activité. Depuis 2022, il oscille entre 350 gourdes pour le personnel domestique et 770 gourdes pour certains travailleurs industriels. D’autres segments sont fixés à 615 gourdes pour le personnel de soutien, 540 gourdes pour les petites entreprises et 685 gourdes pour les industries d’assemblage destinées à l’exportation. Face à l’inflation et à la hausse du coût de la vie, plusieurs discussions restent en cours pour une révision générale des salaires.
Par Arnold Junior Pierre
- Log in to post comments


