Dans une correspondance datée du jeudi 19 février 2026, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a appelé l’inspecteur général de la Police Nationale d’Haïti, Frédéric Leconte, à diligenter une enquête approfondie sur des cas présumés de bastonnade et d’exécutions sommaires imputés à des agents de la PNH, et à prendre des sanctions contre les responsables.
Cinq personnes, dont une fillette de sept ans et une adolescente de quatorze ans, auraient été froidement exécutées par des policiers en moins de deux mois, dénonce le RNDDH. Préoccupé par ces actes de violence, l’organisme a saisi l’Inspection générale de la PNH. Il exhorte l’inspecteur en chef à enquêter sur ces faits et à sanctionner les policiers concernés.
Selon le RNDDH, les assassinats ont été enregistrés durant la période allant du 21 décembre 2025 au 4 février 2026. Les policiers accusés sont identifiés comme suit : Murguens Alexis, alias « Ti Okap » ; Nelson Prud’homme, alias « Black Nenel » ; Ricardin Jean Pierre, alias « Toky » ; et Joverson Berette.
L’organisme se dit profondément alarmé par la facilité avec laquelle certains agents de l’institution policière recourent à la violence. Selon lui, des policiers n’hésiteraient pas à bastonner, et dans certains cas à abattre, des personnes âgées, des femmes, des mineurs ainsi que des individus vivant avec une déficience motrice.
Le RNDDH juge également préoccupante la propension de ces agents à faire usage de leurs armes à feu pour régler des conflits dans lesquels ils seraient personnellement impliqués.
L’organisme des droits humains rappelle que « selon l'article 7.1 de la Loi du 29 novembre 1994 portant création, organisation et fonctionnement de la Police Nationale, les agents de l'institution sont appelés à assurer la protection et le respect des libertés des personnes, des vies et des biens, mais non, comme nous sommes amenés à le constater, à utiliser leur statut de policier pour bastonner, blesser et exécuter des membres de la population haïtienne ».
« S’'ils n'ont appris ni la mesure ni la maîtrise de soi à l'Académie Nationale de Police, c'est à l'Inspection Générale de la PNH de les freiner, en vue d'éviter qu'ils ne s'en prennent à d'autres personnes; et de lancer le signal clair aux autres agents de l'institution que de tels agissements ne seront pas toléré », souligne-t-il
Tout en rappelant qu’une enquête est déjà en cours sur au moins deux de ces cas, le RNDDH recommande que les résultats des investigations portant sur l’ensemble des exécutions sommaires alléguées soient transmises sans délai à la Direction générale de la PNH.
Elle préconise l’éviction immédiate des agents incriminés de l’institution policière et le transfert de leurs dossiers par-devant les juridictions compétentes, afin qu’ils soient jugés et sanctionnés à la hauteur de la gravité des faits reprochés.
Il convient de souligner que le policier Ricardin Jean Pierre, principal suspect dans l’assassinat présumé de la mineure Fédora Vitté,âgée de 14 ans, s’était livré aux forces de l’ordre le mardi 13 janvier 2026, selon un communiqué de l’institution policière. Il était placé sous la responsabilité de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
Par: Daniella Saint-Louis
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