Le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH) et l’Association des Industries d’Haïti (ADIH) ont signé, ce vendredi 16 janvier 2016, un protocole d’accord visant à faciliter et optimiser les procédures de dédouanement au profit de la production nationale.
La cérémonie de signature, tenue à dans un Hotel à Petion ville, a réuni plusieurs hauts responsables publics et privés, dont le ministre de l’Économie et des Finances, le directeur général de l’Administration générale des Douanes (AGD), ainsi que les dirigeants de la CCIH et de l’ADIH. Au-delà du caractère institutionnel de l’événement, l’initiative se veut une réponse concrète aux difficultés structurelles auxquelles font face les entreprises industrielles haïtiennes.
Conclu pour une durée de 3 ans, le protocole vise principalement à faciliter l’importation des matières premières et des intrants destinés à la production locale. L’objectif affiché est clair : réduire les délais, maîtriser les coûts, sécuriser les flux de marchandises et, surtout, renforcer la compétitivité des entreprises nationales, tant sur le marché local qu’à l’international.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le président de l’Association des Industries d’Haïti, Maulik Radia, a souligné l’importance stratégique de cet accord. Dans un discours prononcé en anglais, il a insisté sur le fait que ce protocole va bien au-delà d’une simple formalité administrative. « La facilitation douanière constitue une étape décisive pour nos entreprises. Elle permet de réduire les coûts liés aux procédures de dédouanement, d’améliorer la productivité et de préserver la compétitivité, tant sur le marché local qu’international », a-t-il déclaré.
Toujours selon lui, l’accord contribue également à renforcer la valeur et la crédibilité du label « fabriqué en Haiti », en offrant aux produits locaux de meilleures conditions pour faire face à la concurrence internationale.
De plus, Maulik Radia a tenu à rappeler que la signature du document ne représente qu’une première étape. Le succès de l’initiative dépendra de la rigueur dans sa mise en œuvre, du suivi des engagements pris et de la capacité des parties prenantes à maintenir un dialogue technique, ouvert et constructif.
De son côté, le président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti, Jean Nathan Létang, a replacé l’accord dans son contexte économique et social. Il a reconnu que la signature intervient dans une période particulièrement difficile pour le pays, marquée par une instabilité politique persistante et une situation sécuritaire qui affecte lourdement les activités économiques.
Malgré ce climat, Jean Nathan Létang estime que le protocole constitue un pas important vers une Haïti plus compétitive et mieux gouvernée. Il a notamment insisté sur la responsabilité des entreprises bénéficiaires. « La CCIH s’engage à sensibiliser ses membres au strict respect de leurs obligations fiscales et douanières. La facilitation ne peut fonctionner que dans un cadre de conformité, de transparence et de confiance mutuelle », a-t-il affirmé.
Concrètement, l’accord prévoit plusieurs mesures de facilitation, parmi lesquelles la simplification des procédures de dédouanement, l’octroi de circuits prioritaires aux entreprises conformes, l’entreposage des matières premières directement à l’usine, la mise en place de guichets dédiés, ainsi que l’exonération de l’Amende pour Déclaration Tardive (ADT) dans des situations spécifiques et dûment justifiées.
Ces dispositions seront appliquées dans le strict respect du cadre légal et réglementaire en vigueur. Le MEF assurera le pilotage et le suivi du dispositif, tandis que l’AGD veillera à l’application effective des mesures, dans une logique de modernisation, d’efficacité du contrôle et de sécurisation des recettes publiques.
Pour le ministre de l’Économie et des Finances, ce protocole traduit la volonté du gouvernement de soutenir concrètement la production nationale, de moderniser l’action publique et de consolider la relation de confiance avec les entreprises respectueuses des règles. Dans un pays où l’économie formelle peine à se maintenir face à l’insécurité et à l’instabilité, cet accord apparaît comme une tentative de créer des conditions plus favorables à l’investissement, à la création d’emplois et à une croissance durable.
Arnold Junior Pierre
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