La Chambre des représentants des États-Unis a adopté, le lundi 12 janvier 2026, à une large majorité bipartite (345 voix pour, 45 contre), le projet de loi HR 6504 portant extension des programmes commerciaux HOPE/HELP. Le projet de loi attend maintenant l’aval du Sénat.
Selon le Ministère du Commerce et de l’Industrie, dans son communiqué daté du 13 février 2025, « cette étape marque un pas décisif dans le renforcement de l’industrie textile et, par conséquent, de l’emploi en Haïti ». Le ministère rappelle que les exportations concernées représentent « près de 90 % des exportations du pays et contribuent directement au maintien de milliers d’emplois ».
Après ce vote à la Chambre, le texte est désormais transmis au Sénat des États-Unis pour examen. Le MCI précise que, « en cas d’adoption finale, la loi rétablirait et prolongerait rétroactivement les avantages commerciaux jusqu’au 31 décembre 2028 ».
Bien avant cette nouvelle, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, avait déjà affiché son optimisme quant à l’issue du processus législatif américain. Lors de son intervention à l’émission Le Rendez-vous, le 17 décembre 2025, il assurait que « la loi HOPE/HELP sera bientôt renouvelée par le Congrès américain ».
À cette occasion, le ministre expliquait que le texte avait été analysé par la Commission des voies et moyens de la Chambre des représentants, précisant qu’« après cette analyse, tous les membres de la commission ont voté en faveur du renouvellement de la loi HOPE/HELP avec 41 voix pour, 0 contre et 0 abstention ». Il a avait souligné toutefois que « la loi n’est pas encore votée par l’ensemble du Congrès ».
Se disant confiant, James Monazard déclarait alors : « C’est une bonne nouvelle pour Haïti », affirmant croire que « d’ici le mois de janvier prochain, la loi sera publiée par l’administration Trump ». Il était allé plus loin en évoquant les perspectives d’emplois, assurant que « dès le premier trimestre de l’année 2026, le pays connaîtra une forte augmentation d’emplois », avançant même une projection pouvant atteindre « jusqu’à 400 000 emplois si la loi est appliquée dans son ensemble ».
Si le ministre salue aujourd’hui l’adoption du projet de loi à la Chambre des représentants comme une avancée majeure, des analyses plus critiques invitent à relativiser la portée de ces programmes. Lors d’une entrevue accordée à la rédaction le 2 octobre dernier, l’économiste Eddy Labossière a rappelé qu’Haïti ne peut fonder son développement sur la seule reconduction de la loi HOPE/HELP.
Selon lui, « il est impossible de développer un pays uniquement grâce à la loi HOPE/HELP », ajoutant que sa non-reconduction « ne constitue pas un obstacle majeur en soi ». Le véritable frein, explique-t-il, réside dans l’absence d’une gouvernance solide. « Dans ce pays, tous les niveaux de gouvernance ont été affaiblis : institutionnelle, politique, économique et sociale. Il n’existe pas de structure capable d’assurer une gestion efficace et cohérente », avait-il dit.
Pour l’économiste, le modèle de sous-traitance reste profondément inadapté à la réalité haïtienne. « On ne peut pas développer un pays uniquement avec le secteur de la sous-traitance », affirme-t-il, dans un contexte où près de 80 % de la population active est au chômage.
Labossière plaide ainsi pour une politique économique orientée vers la production nationale et la création de valeur ajoutée, notamment dans les secteurs agricole, agro-industriel et manufacturier. Selon lui, sans vision industrielle claire, gouvernance efficace et investissements ciblés, les facilités commerciales, aussi utiles soient-elles, resteront insuffisantes pour sortir durablement le pays de l’impasse.
Par: Daniel Jean
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