PubGazetteHaiti202005

Viv Ayiti et l’UNIFOSH réclament le départ du CPT et saluent l’offensive de la PNH contre les gangs

Internet

Les partis politiques Viv Ayiti et UNIFOSH exigent  le départ, le 7 février 2026, du Conseil présidentiel de transition (CPT), qu’ils jugent incapable de répondre aux défis actuels fait face le pays. Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 26 janvier 2026, les militants  politiques ont toutefois salué les efforts de la Police nationale d’Haïti (PNH), engagée dans des opérations visant à reprendre le contrôle de plusieurs zones longtemps dominées par des gangs armés.


Pour les militants politiques, cette transition a échoué à répondre aux attentes de la population, notamment en matière de sécurité, de gouvernance et de dialogue national. Les dirigeants estiment que le CPT n’a pas su instaurer un climat de confiance ni proposer une vision claire pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle qui l’asphyxie.

Dans ce contexte, Rony Timothé et Biron Odigé, deux dirigeants de Viv Ayiti, considèrent que la date du 7 février représente un tournant politique symbolique. Selon eux, le Conseil présidentiel de transition a perdu toute légitimité politique et morale pour continuer à diriger le pays. « Le peuple haïtien vit dans l’angoisse quotidienne, sans perspectives claires. La transition actuelle ne produit aucun résultat concret », ont-ils déclaré.

Allant plus loin, Rony Timothé pointe directement du doigt le ministre de l’Économie et des Finances, qu’il accuse d’être l’un des principaux responsables de l’instabilité actuelle. Selon lui, les choix économiques opérés par le gouvernement ont aggravé la précarité sociale et renforcé le sentiment d’abandon ressenti par une large frange de la population.

De son côté, David Cossy, représentant de l’UNIFOSH et signataire de l’accord ayant permis l’intégration de Louis Gérald Gilles au sein du CPT, reconnaît aujourd’hui ses erreurs. Il affirme regretter profondément cette décision et présente publiquement ses excuses à la population. « Je demande pardon au peuple haïtien. Je n’imaginais pas que la situation allait prendre une telle tournure », a-t-il confié, admettant avoir sous-estimé les conséquences politiques de son engagement.

Pour sa part, Biron Odigé adopte un ton plus critique vis-à-vis de la communauté internationale. S’il reconnaît que l’ingérence étrangère a souvent nui au processus politique haïtien, il affirme toutefois que certains acteurs aujourd’hui dénoncés ont bel et bien entretenu des liens avec des groupes armés. « L’international nous a fait du tort, c’est vrai. Mais aujourd’hui, les faits montrent clairement que certains responsables politiques ont eu de véritables relations avec les gangs », a-t-il soutenu.

Enfin, les dirigeants de Viv Ayiti et de l’UNIFOSH rappellent que la question de l’ingérence internationale ne doit pas servir d’alibi. « Aujourd’hui, on parle d’ingérence. Mais en avril 2024, personne ne contestait réellement la présence internationale », soulignent-ils, appelant à une lecture plus honnête de la situation politique récente.

Entre dénonciation de la gouvernance actuelle et reconnaissance des efforts sécuritaires de la PNH, Viv Ayiti et l’UNIFOSH tentent ainsi de tracer une ligne politique claire : soutenir toute action allant dans le sens du rétablissement de la sécurité, tout en réclamant une nouvelle transition, plus crédible, inclusive et capable de restaurer l’espoir d’un avenir stable pour Haïti.


Arnold Junior Pierre

Category

Politique

Culture

Economie

Sport