PubGazetteHaiti202005

Fanmi Lavalas critique vertement le CPT et refuse toute rencontre à l’aube du 7 février

Jodson Dirogène, porte parole Fanmi Lavalas

Invité de l’émission « Le Rendez-vous avec Volcy Assad » ce lundi 19 janvier 2026, le porte-parole de Fanmi Lavalas, Jodson Dirogène, n’a pas été tendre avec le Conseil présidentiel de transition (CPT). Dressant un constat d’échec sans appel, il affirme que la formation politique qu’il représente refuse toute discussion avec cette structure en vue d’éventuelles solutions à la crise, à l’approche du 7 février 2026.

À mesure que s’approche cette date charnière, les structures politiques sortent progressivement de leur réserve. Si certaines estiment que le CPT peut encore jouer un rôle dans la recherche d’une formule de gouvernance après le 7 février 2026, d’autres rejettent catégoriquement cette hypothèse. Fanmi Lavalas s’inscrit résolument dans ce second camp.

Invité de l’émission « Le Rendez-vous avec Volcy Assad », Jodson Dirogène s’interroge ouvertement sur la légitimité du CPT à formuler des propositions de sortie de crise. « Le premier chantier confié au CPT était la lutte contre l’insécurité », rappelle-t-il, avant de souligner que, sous cette transition, le phénomène s’est considérablement aggravé. « Davantage de territoires sont aujourd’hui passés sous le contrôle des bandits », déplore-t-il.

Le porte-parole de Fanmi Lavalas fustige ce qu’il considère comme un détournement des priorités fondamentales. Selon lui, le CPT n’a pas pris le temps d’aborder les chantiers essentiels exigés par les secteurs, tout en s’arrogeant des prérogatives qui ne lui avaient jamais été confiées. « On ne leur a jamais demandé de rançonner les gens. On ne leur a jamais demandé de voyager de gauche à droite pour s’octroyer des per diem », lance-t-il, dans un ton particulièrement acerbe.

Face à ce qu’il qualifie d’échec manifeste de la transition, Jodson Dirogène exclut toute participation du CPT à la recherche d’une solution politique pour l’après-7 février. « Même s’il y avait des invitations, nous n’y répondrions pas », tranche-t-il, sans ambiguïté.

Dirogène s’interroge par ailleurs sur la possibilité qu’une structure dont l’échec est, selon lui, aussi cuisant et patent, puisse penser qu’il peut encore être considérée comme un interlocuteur légitime pour discuter de l’avenir politique du pays après le 7 février 2026.

Dans les réunions du CPT et dans d’autres espaces de concertation, plusieurs propositions circulent, dont certaines préconisent le maintien de trois ou cinq conseillers présidentiels pour assurer la gestion du pays jusqu’aux élections. Une option que rejette fermement Jodson Dirogène. « Aucun membre du CPT ne peut rester », affirme-t-il malgré le fait que son parti dispose d’un représentant au sein de cette structure. Il estime que Fanmi Lavalas, tout comme la masse populaire, a déjà acté l’échec du CPT.

Rappelant que la formule du Conseil présidentiel de transition a été conçue et mise en place par la classe politique elle-même, Dirogène estime que c’est à cette même classe politique qu’il revient de proposer une nouvelle formule pour sortir le pays du marasme actuel. « Il faut reconnaître que cette transition a échoué », concède-t-il.

Le porte-parole reproche également aux représentants des différents secteurs au sein du CPT d’avoir progressivement pris leurs distances avec les structures qui les ont désignés. « Ils ont fini par comprendre que ce sont eux-mêmes qui se sont installés là », ironise-t-il.

Pour certains observateurs, l’échec du CPT engage également la responsabilité des structures politiques qui ont proposé ses membres. Jodson Dirogène rejette cette analyse et affirme que cet échec ne saurait être imputé à Fanmi Lavalas. « Fanmi Lavalas n’est pas au pouvoir », déclare-t-il, suscitant la surprise de nombreux téléspectateurs, tout comme celle de l’animateur.

Ce dernier lui rappelle pourtant la présence de Lesly Voltaire, conseiller présidentiel, et de Raphaël Hosty, ministre des Travaux publics, Transports et Communications, tous deux membres de l’exécutif. Dirogène répond en soutenant que ces personnalités n’agissent plus au nom de Fanmi Lavalas, mais exclusivement sous l’autorité de l’exécutif. « Lorsqu’un parti fait le choix d’un représentant, une fois celui-ci investi, il n’agit plus au nom de la structure », tente-t-il d’expliquer.

Le porte-parole affirme également que des membres du parti ne disposent ni de contrats au sein des ministères ni de postes au sein des cabinets des ministres ou des conseillers présidentiels. Il nuance toutefois ses propos en précisant qu’il a lui-même fait partie du cabinet du représentant de Fanmi Lavalas au CPT Leslie Voltaire avant de s’en retirer, conformément à la position officielle du parti exprimée dans un communiqué publié il y a huit mois, reconnaissant l’échec de la transition.

Toutefois, faut-il préciser, à aucun moment Fanmi Lavalas n’a demandé à son conseiller présidentiel ni au ministre issu du parti de démissionner. Comme défense, Jodson Dirogène croit que le parti n’a aucune autorité sur ces personnalités, dès lors qu’elles font partie de l’exécutif.

L’animateur de l’émission a rappelé que, selon les dernières informations, Fanmi Lavalas contrôlerait le CONATEL et que l’actuel ambassadeur d’Haïti au Canada, Anthony Dessources, est membre du directoire du parti. En réponse, sur le cas de l’ambassadeur Dessources, Jodson Dirogène évoque une initiative individuelle. « Rien n’empêche un membre d’entreprendre une démarche à titre personnel », avance-t-il.

Si Fanmi Lavalas ne reconnaît aucun rôle au CPT dans la recherche d’une solution à la crise, Lesly Voltaire, membre du Conseil présidentiel de transition, poursuit avec ses pairs des consultations avec certaines structures politiques. Si de nombreuses formations politiques boudent ces invitations, d’autres acceptent néanmoins d’y participer.

 

 

 

 

Par : Daniel Jean

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