Dans une note publiée le 15 janvier 2026, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Nord (CCIN) a exprimé ses vives préoccupations face à la manière dont ont été conduites les récentes opérations de démolition dans la ville du Cap-Haïtien, dénonçant les abus d’autorité et violences physiques exercés à l’encontre des citoyens lors de ces opérations.
Le Conseil d'Administration de la CCI du Nord dit avoir «suivi avec attention les récents événements survenus au Cap-Haïtien, notamment l'opération nommée « Récupération des trottoirs », conduite sous l'autorité du Délégué départemental du Nord, en présence de la Mairesse de la ville ».
Il se dit profondément préoccupé par les conditions dans lesquelles cette opération a été menée. Selon la CCIN, plusieurs entreprises et acteurs économiques ont été affectés par des démolitions réalisées sans délai raisonnable, sans communication préalable d’un plan clair, sans calendrier officiel et sans concertation spécifique avec les entrepreneurs concernés. Les réunions précédentes, rappelle-t-il, portaient de manière générale sur la situation préoccupante de la ville du Cap-Haïtien, sans qu’une opération de cette ampleur n’ait été explicitement annoncée ou débattue.
Le Conseil d’administration affirme « n’avoir jamais cautionné ni validé une démarche jugée précipitée, unilatérale et aléatoire, d’autant plus qu’elle entraîne de lourdes conséquences économiques, sociales et humaines pour la ville, ses entreprises et de nombreuses familles ». Il souligne que toute action publique d’envergure affectant l’activité économique et l’emploi doit impérativement s’inscrire dans un cadre de dialogue, de concertation et de respect des principes démocratiques.
Par ailleurs, la Chambre de Commerce du Nord a dénoncé les abus d’autorité et les violences rapportés lors du déroulement des opérations, notamment à l’encontre de personnes, y compris des femmes, exerçant leur droit à l’expression et à la revendication pacifique. Elle a exprimé sa solidarité et sa sympathie à toutes les victimes touchées par ces événements.
La CCIN a également réaffirmé sa conviction sur le fait que « le développement urbain, la protection du patrimoine et la modernisation du Cap-Haïtien ne peuvent être durables que s’ils reposent sur le consensus, la transparence et une gouvernance responsable ». Elle a réitéré sa disponibilité en faveur de tout dialogue constructif visant à concilier l’intérêt général, la préservation du patrimoine et la protection du tissu économique local.
Dans des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, on peut voir des citoyens et citoyennes se faire violemment bastonner par des autorités lors d’opérations de démolition. Une d’entre elles, montrant un homme battu, a particulièrement provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. La victime a même été frappée par le commissaire du Gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien, Eno Zéphirin alors qu’elle était déjà menottée par les forces de l’ordre.
Plusieurs voix avaient dénoncé ces agressions physiques et exigé la révocation du commissaire. Quant à la victime, elle a depuis été libérée.
Par: Daniella Saint-Louis
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