PubGazetteHaiti202005

Fin mandat du CPT:  des acteurs politiques et sociaux plaident pour un président issu de la Cour de cassation à la tête de l’exécutif

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Plusieurs regroupements politiques et organisations de la société civile ont signé, le 14 janvier 2026, un protocole d’accord réclamant un changement radical à la tête de la transition en Haïti. Ils exigent la désignation d’un président issu de la Cour de cassation et d’un nouveau Premier ministre, tout en demandant le départ du Conseil Présidentiel de Transition  (CPT) et du gouvernement de Alix Didier Fils-Aimé  le 7 février.

Alors que l’échéance de la transition approche, la bataille pour le contrôle du pouvoir s’intensifie en Haïti. Des regroupements politiques et des organisations de la société civile continuent de mettre leurs propositions sur la table.

Après la signature d’un protocole d’accord le 14 janvier dernier, des représentants et membres signataires se sont réunis à Port-au-Prince, le lundi 19 janvier 2026 afin de présenter le contenu de cet accord.

Lors de son intervention, l’ex sénateur Jean Renel Sénatus, représentant de l’Initiative 24 avril, a fait le point sur le document signé. Selon lui, cet accord a été paraphé par une centaine de structures politiques et d’organisations de la société civile, dont l’Opposition plurielle, les Démocrates engagés pour une Haïti forte et inclusive (DEHFI) et l’Accord Karibe, entre autres.

L’ancien commissaire du gouvernement  de Port-au-Prince a rappelé l’intérêt commun qui lie les signataires à travers ce document. Il a notamment déclaré que « ni le CPT, ni le gouvernement de Fils-Aimé ne doit rester au pouvoir après le 7 février prochain », date marquant l’expiration de leur mandat.

« Le CPT a aggravé notre situation. Le contrat est terminé, il n’y a pas de renouvellement », a-t-il indiqué, tout en exigeant la désignation d’un président issu de la Cour de cassation et d’un Premier ministre pour diriger la nouvelle transition.

Il a dénoncé la crise humanitaire, sanitaire et sécuritaire  qui continue de faire rage dans le pays et a souligné l’échec des dirigeants  actuels. Il estime que « ces derniers  tâtonnaient et  cherchaient à tromper la population ». La récréation, crie-t-il, est terminée. « On va passer à autre chose de sérieux après le 7 février », déclare Sénatus avec confiance. 

De son côté, le représentant du Grand Bloc du Peuple, Annibal Coffy, a mis en avant l’état d’avancement de l’accord, qui intègre également plusieurs autres axes. Celui-ci prévoit l’ouverture à d’autres structures politiques souhaitant rejoindre l’initiative, l’organisation, dans les prochaines heures, de pourparlers en vue de la tenue d’une conférence des acteurs, ainsi que des échanges avec les autorités autour des discussions relatives à la passation du pouvoir.
 
Le leader de l’Opposition plurielle, Jeantel Joseph, a pour sa part dénoncé « l’échec de cette transition qui, selon lui, n’avait aucun projet défini ». Il a ajouté que « les signataires de cet accord disposent d’un plan bien déterminé et qu’ils rétabliront la sécurité dans le pays ».

Il convient de rappeler que l’échéance de cette transition approche à grands pas, à moins d’un mois.  Sa feuille de route se reposant sur trois grandes priorités, parmi lesquelles le rétablissement de la sécurité et l’organisation des élections, n’a pas été respectée. La situation  sécuritaire s'est même aggravée, malgré le déploiement d’une force multinationale dans le pays, transformée fin septembre en une force de répression des gangs, qui sera composée de plus de 5 000 soldats.

Les élections, elles, sont prévues pour août de cette année. Entre-temps, les autorités assurent vouloir débloquer les axes routiers pris en otage par les gangs avant la fin de leur mandat. Ces derniers jours, des opérations d’envergure ont été menées dans le bas de Port-au-Prince, où plusieurs drones ont été lancés par les forces de l’ordre. Selon des informations,  la maison du chef de gang Jimmy Cherisier, dit Barbecue, a été complètement détruite. Le puissant criminel fuyant son fief, se réfugierait désormais dans le fief d’autres chefs de gangs. Mais, la situation sécuritaire demeure toujours critique. 

Ce lundi, une deuxième réunion présidée par le président du Conseil Laurent Saint Cyr a été organisée à la Villa d'Acceuil en vue d’assurer la stabilité institutionnelle après le 7 février. La  Coalition des Partis Politiques et des Organisations Socio-Politiques (COPPOS-HAÏTI et Alliés), la Coalition des Regroupements Politiques pour l'Avancement de la Démocratie (COREPAD) ainsi qu’une branche de l’accord Montana  ont pris part à cette rencontre. Une autre rencontre avec d’autres partis est prévue demain. 

 

Par: Daniella  Saint-Louis

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