PubGazetteHaiti202005

La dictature des Duvalier à nos jours/ Journée de réflexion : l’exil a détruit le pays, selon l’écrivain Lionel Trouillot

L'écrivain Lionel Trouillot

En guise de devoir de mémoire à propos de dictature des Duvalier qui a engendré des assassinats et exilé la grande majorité des intellectuels haïtiens à la seconde moitié du 20ème siècle, le centre de réflexion et de recherche sur la migration et l'environnement (CERREMEN) et le mouvement organisé de citoyens pour l'intégration et le développement (MOCIDE) ont organisé ce vendredi 26 mars 2021, dans les locaux de l'Université Quisqueya une journée réflexion sur la dictature féroce des Duvalier sous le thème : «  Dictature, migration et résistance en Haïti de Duvalier à nos jours ».


Plusieurs approches ont été faites par les intervenants sur 3 axes différentes.  « l'objectif de cette journée de réflexion est de sensibiliser le peuple haïtien qui s'est battu contre la dictature des Duvalier, responsable de l'émigration des cerveaux. Les dérives à vocation dictatoriale se font sentir et elles n'ont pas leur place. Face à cette volonté de centralisation du pouvoir, nous devons lutter étant qu'universitaires pour former et informer la population sur les enjeux de ce régime politique », a expliqué au journal Léo Bien-Aimé, coordonnateur du centre de réflexion CERREMEN.

 


« Dans un contexte où le peuple ne se sent pas en sécurité,  où la liberté individuelle est menacée,  la justice banalisée, où les pratiques dictatoriales sont remises en œuvre, nous avons jugé bon de faire une journée de réflexion pour sensibiliser les jeunes et la population haïtiennes en vue de mettre des barrières aux néodictateurs », a indiqué le sociologue Léo Bien-Aimé, 

Dans une salle remplie, les effigies des nombreuses victimes des sbires des Duvalier, où l'on expose sur l'estrade l'affiche de la liste partielle des noms des victimes et le documentaire de Hector Riobé de Jean Phillippe Crepsac témoignent de la brutalité de ce régime. Indigné par le niveau de la production intellectuelle post-dictatoriale, le professeur écrivain Lionel Trouillot, qui intervenait comme conférencier, analyse les conséquences de la violence politique comme la force destructrice du bonheur du peuple haïtien et ses péripéties. « cette violence exercée était physique et psychique. Je suis choqué quand j'entends des artistes qui parlent d'exil comme bonheur ou libérateur. Il y a une différence entre quand quelqu'un part de son plein gré et quelqu'un qui a été détourné de sa vie par la force. C'est irrespectueux envers les exilés », signale l'auteur haïtien de renommé mondiale, Lyonel Trouillot lors de cette rencontre qui a réuni de nombreuses personnalités et d’intellectuels.

« Duvalier a débarrassé le pays de ces intellectuels qui essaiyaient de penser le pays . Le courant humaniste véhiculé par des jeunes penseurs, les prêtres jésuites a été détourné. Il y a un vide au niveau de la pensée,  Haïti a abandonné cette forme de pensée qui aurait débouché sur une nouvelle théorie littéraire. Un regard au niveau de la politique permettra de constater le niveau superficiel de notre forme de pensée », regrette le romancier.

La baisse de l'éducation en Haïti est le résultat de cette cassure et l’exil a détruit le pays, selon Lyonel Trouillot.

 

L’écrivain relate « le compagnonnage de la littérature avec la pensée politique qui a été coupé par la dynamique arbitraire des Duvalier, ce qui  débouchait sur un vide au niveau éducatif et littéraire ».  Duvalier a mis à la porte 60% du savoir haïtien cela explique le fait qu'on a très peu de produits sur le plan culturel... », raconte Lionel Trouilot qui à travers des chroniques et dans des structures organisées dénonce « les velléités dictatoriales » de Jovenel Moïse.

 

 

 

Par Yveson Pascal

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