Les autorités policières, incapables de récupérer les corps des policiers mutilés, profanés par les bandits du Village-de-Dieu, semblent vouloir étouffer l'affaire par l'émission des avis de recherches à l'encontre des policiers faisant partie du Syndicat de la PNH (SPNH-17). Ces derniers sont accusés d’implication dans l'homicide du policier Pierre Mystal Richard à Delmas.
En un clic, toute l'actualité se concentre sur les policiers contestataires « Fantom 509 » et « SPNH-17 » que le haut état major de la PNH accuse de terroristes.
Deux semaines plus tard, les parents, meurtris dans leurs âmes, leurs chaires, attendent encore ce qui reste du cadavre de leurs progenitures afin de procéder à leurs obsèques funèbres.
La page semble être tournée après que l'institution policière a récupéré le véhicule blindé séquestré par les bandits de Village-de-Dieu « contre rançon », selon des observateurs.
Malgré les explications du patron de la PNH, Léon Charles, le mystère reste entier dans l'esprit de l'opinion publique sur les méthodes utilisées afin de récupérer cet engin. La PNH avait annoncé une opération spéciale peu avant ce scénario digne d'un film Hollywoodien. L'on ne sait toujours pas ce qu'il advient des cadavres des policiers tués sous des balles assassines.
Alors que des le groupe Fantom 509 et le SPNH-17 sont pris pour cible, considérés comme des « terroristes et d’organisation criminelle », des présumés chefs de gang sont libres de leur mouvement, organisant des manifestations non réprimées par les forces de l'ordre. Pourtant, ces bandits ont des avis de recherches à leur encontre en dépit du fait que leurs adresses sont connues de tous.
Encore une fois, comme pour le photojournaliste Vladimir Legagneur dont son corps reste introuvable après avoir foulé le sol de Grand-Ravine, comme pour le bâtonnier de l'ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, abattu devant sa résidence dans la soirée du vendredi 28 août 2020 où plus d'un mois plus tard, un autre assassinat, celui de l’étudiant de l’école normale supérieure, Gregory Saint-Hilaire, défraie la chronique pour étouffer celui du bâtonnier; d’ailleurs son inhumation a eu lieu loin de la capitale, loin des caméras des journalistes, le spectacle de terreur des policiers décapités à Village de Dieu, déjà rangé dans les archives des histoires anciennes, fait place à une autre épisode de cette série : avis de recherche contre les Fantom 509 et co qualifiés de « terroristes » et d’« organisation criminelle ».
Dans ce pays où la mémoire de la population devient si courte parce qu'une actualité remplace une autre grâce aux/à cause des réseaux sociaux, les autorités continuent d'étouffer les scandales par d'autres plus alléchants. Et les citoyens, pris dans le piège de l’internet, en consomment en rechignant parfois mais pas assez. Et après, la vie continue dans cette prison à ciel ouvert qu’est devenue Haïti.
Par Michel Césaire
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