PubGazetteHaiti202005

Disparition de cartouches : l’ex-DG de la PNH, Normil Rameau, convoqué à la Chambre d’instruction criminelle

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L’ex-directeur général de la Police nationale d’Haïti, Normil Rameau, est convoqué par le juge d’instruction Me Walther W. Voltaire les 2 et 3 février 2026, aux côtés du responsable de la DCA, Philippe Jovin, dans le cadre d’une enquête pour association de malfaiteurs et vente illégale de cartouches à des gangs armés.


Après avoir été nommé à la tête de la PNH, Normil Rameau ne peut se permettre de se reposer. Il est désormais au cœur d’une instruction judiciaire visant à déterminer les responsabilités présumées dans la disparition de munitions de la police et leur éventuelle revente à des gangs armés.

Dans une lettre adressée à Frédéric Leconte, actuel inspecteur général de la PNH, le juge Me Walther W. Voltaire demande de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que les deux hauts gradés soient entendus. Selon le magistrat, leur interrogatoire est « indispensable à l’avancement de l’instruction ouverte ». Normil Rameau doit comparaître le mardi 3 février 2026 à 11h00, tandis que Philippe Jovin sera entendu la veille, lundi 2 février, à la même heure.

Réagissant à ce dossier, selon Pierre Espérance, défenseur des droits humains, l’ancien DG n’a « aucun lien » avec les faits reprochés et toute perte de cartouches aurait été enregistrée avant qu’il ne prenne ses fonctions. Selon Pierre Espérance, cette affaire constitue une « machination politique et une persécution » visant un responsable qui a osé mettre la main su collet de certaines figures politiques.


Cette affaire survient au moment de tensions accrues autour de la sécurité publique en Haïti, où la prolifération des armes et l’influence des gangs demeurent des enjeux majeurs.


Selon le Groupe d’experts onusiens dans un rapport publié antérieurement, les stocks de la Police nationale continuent de représenter une source d’armes et de munitions illicites. Le trafic de matériel par certains policiers corrompus vers des gangs armés est devenu une activité lucrative, et plusieurs agents ont déjà été arrêtés dans ce cadre.


Selon les enquêtes du Groupe d’experts, l’absence de contrôle sur la distribution et l’utilisation des munitions permettrait à certains policiers de conserver des cartouches non utilisées pour les revendre ensuite, ce qui a servi de base aux plaintes initiales déposées contre Rameau le 28 avril 2025 par Thimothée Rony et Biron Odigé pour non-assistance à personne en danger. Me Espérance considère ces plaintes sans fondement, faute de preuves.

Les prochaines audiences au carré du juge Voltaire sont très attendues par l’opinion publique et les observateurs judiciaires, qui voient dans ce dossier un véritable test pour l’efficacité et l’indépendance de la justice haïtienne face aux figures de l’appareil sécuritaire.


Wideberlin Sénexant

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