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À 30 jours de l’échéance, André Michel tranche : le CPT peut manœuvrer, mais pas au-delà du 7 février 2026

@Gazette Haiti News

Alors que le Conseil présidentiel de transition (CPT) approche de la fin de son mandat, Me André Michel hausse le ton. Invité de l’émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad », le mardi 6 janvier 2026, l’avocat a livré une analyse sans détour de la situation politique haïtienne. Entre avertissement ferme, critique des interprétations médiatiques et appel à un dialogue encadré entre acteurs légitimes, il rappelle que dans 30 jours, le mandat du CPT arrive à son terme, sans possibilité de prolongation.

À un mois de l’échéance du 7 février 2026, Me André Michel se veut catégorique. Selon lui, le Conseil présidentiel de transition peut multiplier les initiatives, proposer des ajustements et même tenter des réformes de dernière minute, mais il ne pourra en aucun cas sortir du cadre temporel. « Tout ce que le CPT fera n’aura aucun effet sur la date du 7 février », insiste-t-il.

L’avocat reconnaît toutefois que les membres du CPT disposent encore d’une certaine liberté de manœuvre. Il affirme qu’en tant que dirigeants représentant l’État, ils peuvent initier des discussions, proposer des réorganisations internes ou encore confier temporairement certaines responsabilités, comme la présidence tournante à Laurent Saint-Cyr. 


Mais là encore, Me André Michel précise que ces décisions ne peuvent s’inscrire que dans un cadre strictement limité à une durée maximale de 30 jours. Pour le porte-parole du SDP, toute tentative d’aller au-delà de cette échéance relèverait d’une manœuvre illégitime. « Ils sont en poste jusqu’au 7 février 2026, pas un jour de plus », martèle-t-il, soulignant que même les ajustements les plus audacieux ne sauraient modifier la fin programmée du mandat.

Revenant sur les débats récents autour d’un document de dialogue national, Me André Michel a tenu à lever toute ambiguïté. Il explique que ce texte, très technique et dense, a été mal compris par une partie de l’opinion publique. Contrairement à certaines interprétations relayées, il ne s’agissait ni de légitimer un camp, ni d’offrir un avantage politique à quiconque. « Certains ont cru qu’il suffisait de s’asseoir à la table du dialogue pour gagner en légitimité », regrette-t-il. Selon lui, cette lecture est erronée et détourne l’attention de l’essentiel. Il déplore notamment que certains médias, dont Gazette Haïti, aient diffusé ces interprétations, passant à côté de l’objectif réel du processus.


Pour Me André Michel, le dialogue reste néanmoins incontournable dans le contexte actuel. Mais il pose une condition non négociable : ce dialogue ne peut se faire avec les gangs armés. « La gang, c’est la manipulation », affirme-t-il, estimant qu’un véritable dialogue ne peut impliquer que des acteurs politiques et sociaux légitimes, capables de représenter les intérêts collectifs.


Selon lui, dialoguer sans cadre clair ou sans légitimité reviendrait à offrir une vitrine politique à des forces qui participent à la déstabilisation du pays, ce qui, dit-il, constituerait une erreur stratégique majeure.

Dans ce contexte, Me André Michel estime que le CPT joue sa dernière carte. Malgré une marge de manœuvre fortement réduite accentuée par la sanction américaine visant un ancien coordonnateur du Conseil, les membres du CPT peuvent encore contribuer à une sortie de crise s’ils choisissent d’être partie prenante des négociations à venir.

À l’approche du 7 février 2026, le message de Me André Michel est sans équivoque : le temps du CPT est compté. S’il lui reste encore quelques semaines pour agir, aucune manœuvre ne pourra repousser l’échéance. Dans un pays marqué par l’effondrement de l’État et l’urgence permanente, l’avenir dépendra désormais de la capacité des acteurs légitimes à engager un dialogue sincère, responsable et centré sur l’intérêt du peuple haïtien, dont la résilience continue, malgré tout, de défier le chaos.


Arnold Junior Pierre

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