Keiko Fujimori a été officiellement déclarée présidente élue du Pérou à l'issue du second tour de l'élection présidentielle. Selon les résultats définitifs publiés lundi 29 juin par l'Office national des processus électoraux (ONPE), la candidate de la droite conservatrice a obtenu 50,13 % des suffrages, devançant de justesse son rival de gauche, Roberto Sanchez, crédité de 49,87 %.
Cette victoire marque le retour du fujimorisme au pouvoir plus de vingt ans après la fin du mandat de son père, Alberto Fujimori, qui a dirigé le Pérou de 1990 à 2000 avant d'être condamné pour corruption et violations des droits humains.
Le scrutin s'est révélé particulièrement serré. Sur plus de 18 millions de votants, seulement quelque 50 000 voix ont séparé les deux candidats, faisant de cette élection l'une des plus disputées de l'histoire récente du pays.
Si les autorités électorales ont confirmé la victoire de Keiko Fujimori, son adversaire Roberto Sanchez refuse toujours d'admettre sa défaite. L'ancien candidat, présenté comme un proche politique de l'ex-président Pedro Castillo, dénonce des irrégularités dans le vote des Péruviens de l'étranger et réclame l'annulation de ces suffrages.
Âgée de 51 ans, Keiko Fujimori accède enfin à la magistrature suprême après trois échecs lors des scrutins présidentiels de 2011, 2016 et 2021. Ancienne députée et présidente du parti Force populaire, elle est une figure dominante de la politique péruvienne depuis plus de deux décennies.
Diplômée en administration aux États-Unis, elle est devenue Première dame à seulement 19 ans, après le divorce de ses parents, accompagnant son père dans plusieurs activités officielles. Son parcours politique demeure toutefois indissociable de l'héritage controversé de l'ancien chef de l'État, un nom qui continue de susciter de profondes divisions au sein de la société péruvienne.
Cette élection intervient dans un contexte de forte instabilité institutionnelle. Depuis 2016, huit présidents se sont succédé à la tête du Pérou. Les autorités espèrent que cette alternance permettra d'ouvrir une nouvelle phase de stabilité politique. La passation de pouvoir avec le président par intérim, José Maria Balcazar, est prévue pour le 28 juillet.
Avec AFP
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