PubGazetteHaiti202005

Des partis politiques et organisations de la société civile expriment leurs inquiétudes sur le processus électoral en Haïti

Illustration : @Louidjy Beaubrun

Une vingtaine de partis politiques, de plateformes et d'organisations sociopolitiques ont publié, le jeudi 25 juin 2026, une déclaration commune dans laquelle ils font part de leurs préoccupations concernant l'évolution du processus électoral en Haïti et la dégradation des conditions de vie de la population. 

Dans ce document intitulé « Préoccupations autour du processus électoral et des conditions de vie de la population », les signataires estiment que le climat actuel est marqué par une montée de l'insécurité, de la pauvreté, du chômage et de l'influence des groupes armés, des facteurs qui, selon eux, compromettent l'organisation d'élections libres, transparentes et crédibles. 

Les organisations critiquent plusieurs décisions prises par le gouvernement, notamment les changements intervenus au sein du Conseil électoral provisoire (CEP), la nomination de son Directeur général ainsi que le décret électoral adopté le 2 juin 2026. Elles soutiennent que ces mesures renforcent le contrôle de l'Exécutif sur le processus électoral et soulèvent des interrogations quant à l'indépendance de l'institution électorale. 

« Le décret électoral du 2 juin 2026 adopté par le gouvernement dirigé par Monsieur Alix Didier Fils-Aimé constitue une grave source de préoccupation. Son contenu soulève de sérieux doutes quant à la volonté réelle des autorités d'organiser effectivement en 2026 des élections inclusives, libres, honnêtes et crédibles. Il s'agit plutôt d'une stratégie destinée à se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible et d'en préserver les avantages indûs pendant que la population continue de subir les conséquences d'une crise sécuritaire, économique et sociale sans précédent », disent-ils.

Le document revient également sur la situation sécuritaire et socioéconomique du pays. Les signataires affirment que l'absence de progrès significatifs dans la lutte contre les groupes armés, conjuguée à la crise économique et à l'augmentation du nombre de déplacés internes, fragilise davantage le contexte dans lequel devraient se tenir les prochaines élections. 

Par ailleurs, les organisations dénoncent ce qu'elles qualifient de « soutien excessif » accordé par une partie de la communauté internationale au gouvernement en place, malgré les critiques formulées sur la gouvernance et la conduite du processus électoral. Elles considèrent que cette attitude risque d'affaiblir les exigences de transparence, de redevabilité et de respect des principes démocratiques. 

Dans leur déclaration, les signataires estiment que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé constitue aujourd'hui un “obstacle” à la création des conditions nécessaires à la tenue d'élections transparentes, démocratiques et inclusives. Ils lancent ainsi un appel aux forces politiques, aux organisations de la société civile, aux secteurs professionnels, aux confessions religieuses, aux acteurs économiques et aux citoyens afin d'engager un dialogue national qu'ils jugent indispensable pour rétablir la confiance et favoriser une sortie durable de la crise. 

La déclaration est notamment signée par des responsables de plusieurs formations politiques et organisations, dont EDE, RDNP, SDP, Debout Citoyen, ANFÒS AYITI, KORE-N, ROSPO, PEN/G8PA, Fòs Lwès, Nouvelle Orientation, ainsi que d'autres regroupements politiques et citoyens.


Par: Daniel Zéphyr

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