Le mercredi 28 janvier 2026, à Pétion-Ville, dans les locaux du Conseil électoral provisoire (CEP), l’institution haïtienne chargée de l’organisation des élections a signé un protocole d’accord avec l’Institut national électoral (INE) du Mexique. Cet accord vise à renforcer les capacités techniques et institutionnelles de l’organe électoral haïtien, dans un contexte marqué par une profonde fragilité démocratique et de fortes attentes de la population quant à la tenue d’élections crédibles, transparentes et inclusives.
Le protocole signé prévoit un échange régulier d’expertises, d’informations et de bonnes pratiques entre les deux institutions. L’INE, qui organise les élections au Mexique depuis plus de douze ans, est reconnu comme l’une des autorités électorales les plus solides de la région. Son expérience en matière d’administration électorale, de gestion du vote, de formation du personnel et de technologie électorale constitue un atout que le CEP entend désormais exploiter.
L’ambassadeur José de Jesús Cisneros Chávez lors de son allocution a rappelé que le Mexique a déjà accompagné Haïti dans des processus électoraux par le passé. Toutefois, selon lui, ce nouvel accord ouvre une phase plus structurée et plus durable de coopération. Il s’agit de créer, dit-il, les conditions permettant à Haïti d’organiser des élections crédibles, transparentes et respectueuses du calendrier établi.
Pour le représentant mexicain, ce partenariat n’est pas une simple formalité. Il repose sur l’idée que des institutions électorales fortes sont la clé de toute démocratie viable. « Nous espérons que cette collaboration produira des résultats concrets pour l’organisation du processus électoral haïtien », a-t-il déclaré, tout en soulignant l’engagement de son pays à accompagner techniquement le CEP.
Le président du Conseil électoral provisoire, Jacques Desrosiers a pour sa part salué un accord qu’il considère comme « une étape importante dans le renforcement institutionnel » du CEP. Selon lui, cette coopération repose avant tout sur le respect mutuel et l’apprentissage réciproque.
« Il ne s’agit pas seulement de recevoir de l’aide, mais de construire un véritable partenariat fondé sur l’échange d’expériences », a-t-il expliqué. Le président du CEP a insisté sur le fait que l’institution haïtienne pourra, grâce à cet accord, moderniser ses pratiques, améliorer ses procédures et se préparer plus efficacement à la gestion d’un processus électoral complexe.
Concrètement, le partenariat inclut le partage d’informations stratégiques, le transfert de savoir-faire et la mise à jour des connaissances liées à l’administration des élections. Ces éléments concernent notamment l’enregistrement des électeurs, la logistique du scrutin, la formation du personnel électoral et l’utilisation des outils technologiques.
Pour Jacques Desrosiers, ces initiatives permettront d’améliorer les performances du CEP et de renforcer son rôle comme arbitre du jeu démocratique. Dans un contexte où les institutions haïtiennes sont souvent fragilisées, cette montée en compétence apparaît essentielle pour garantir la crédibilité des prochaines élections.
Au-delà des aspects techniques, le président du CEP a également mis en avant la dimension citoyenne du partenariat. Il a cité le Mexique comme exemple en matière de participation électorale, soulignant que plus de 60 % des électeurs y prennent part aux scrutins.
Un autre élément marquant de l’expérience mexicaine réside dans la place accordée aux femmes dans la vie politique. La dernière élection organisée par l’INE a vu l’élection d’une femme à la présidence du Mexique, ainsi qu’à une représentation féminine de plus de 50 % au Parlement.
Si le chemin reste long et semé d’obstacles notamment en matière de sécurité et de stabilité politique, ce partenariat avec le Mexique apporte un souffle nouveau à un processus électoral encore fragile.
Arnold Junior Pierre
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