PubGazetteHaiti202005

À l’ONU, Alix Didier Fils-Aimé insiste sur l’urgence sécuritaire et le déploiement de la FRG

À l’ONU, Alix Didier Fils-Aimé insiste sur l’urgence sécuritaire et le déploiement de la FRG

Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, tenue ce jeudi 22 avril 2026 à son siège à New York, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a souligné l’urgence du déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG) sans délai.

Intervenant devant le Conseil de sécurité, le chef du gouvernement a mis en avant la grave crise sécuritaire qui frappe Haïti.

Il a exprimé sa profonde gratitude envers l’ambassadeur du Royaume de Bahreïn, président en exercice du Conseil, Jamal Fares Alrowaiei, pour lui avoir donné l’opportunité de s’adresser à l’assemblée.

« Votre engagement pour la paix demeure une source d’espoir pour Haïti », a déclaré Fils-Aimé.

Le chef du gouvernement a annoncé la reprise progressive de plusieurs zones de la capitale grâce aux efforts conjoints des Forces armées d’Haïti (FAD’H) et de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

« La vie économique et sociale reprend timidement, mais sûrement », a-t-il affirmé.

Mais, la situation sécuritaire demeure critique. Le pays continue d’enregistrer des déplacements forcés, tandis que le département du Sud-Est a été la cible d’attaques armées de gangs au cours de ce mois.

Suite à l’urgence sécuritaire, Fils-Aimé a plaidé en faveur du déploiement rapide de la FRG afin de permettre le retour à la stabilité dans le pays, tout en réaffirmant l’engagement de son gouvernement à renforcer la Police Nationale d’Haïti.

Ce mois-ci, la FRG a commencé a se déployer comme l’avait annoncé l’ONU, mais elle n’est pas pleinement renforcée. Un contingent composé de soldats tchadiens, accompagnés du représentant spécial Jack Christofides et de la cheffe du Bureau d’Appui des Nations Unies en Haïti BANUH, Daniela Kroslak est déjà présent dans le pays. Le Tchad a annoncé, cette semaine, l’envoi de 1 500 soldats supplémentaires afin de renforcer le dispositif.

Alix Didier Fils-Aimé a notamment évoqué la formation de nouveaux agents à travers le programme P-4000. Selon lui, plus de 800 policiers sont déjà opérationnels depuis janvier 2026, tandis que 1 200 autres seront déployés d’ici le mois de juin.

Le Premier ministre a également présenté les progrès réalisés aux côtés des Forces Armées d’Haïti. Il a indiqué que plus de 300 militaires ont été formés et ont récemment gradué ce mois d’avril à la base de Vertières. Dans les six prochaines semaines, cette base pourra accueillir 400 nouvelles recrues, tandis que la base d’Anacaona pourra en recevoir 300 dans un délai de dix semaines.

Si les travaux se poursuivent comme prévu, les FAD’H seront renforcées par 700 militaires supplémentaires dans les six prochains mois, en plus des 200 récemment déployés sur le terrain. Ces derniers constitueront, selon lui, le premier bataillon des troupes de choc de l’armée de terre.

Le chef du gouvernement a profité de l’occasion pour porter à l’ONU et rappeler le message adressé au peuple haïtien le 7 février dernier : « L’heure du rassemblement a sonné, l’État reprend sa place, Haïti ne périra pas », a-t-il déclaré.

À travers cette déclaration, il a souligné la volonté des forces politiques haïtiennes de travailler dans l’unité et la solidarité, en mettant l’accent sur la signature du pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections.

Le Premier ministre a remercié les membres du Conseil pour l’attention constante portée à la crise haïtienne. Il estime que «  la tenue de cette réunion spéciale illustre la volonté de la communauté internationale de soutenir le pays » .

Il a en outre salué les efforts du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que le travail de son représentant en Haïti, Carlos Ruiz Massieu.

Par ailleurs, il a assuré, au nom du peuple haïtien, que toutes les observations formulées par les membres du Conseil ont été prises en compte.

Alix Didier Fils-Aimé a réitéré l’engagement de son gouvernement à sortir le pays de la crise, en rappelant les trois axes prioritaires : restaurer l’autorité de l’État, protéger la population et préparer le retour à l’ordre constitutionnel.

Il a insisté sur le fait que la sécurité demeure une condition indispensable au développement durable du pays.

Réactions et engagements des partenaires internationaux

La République Dominicaine a remercié l’ensemble des pays ayant contribué à la mise en place de la Force de Répression des Gangs (FRG). Elle a réaffirmé son soutien à Haïti et annoncé une contribution de 10 millions de dollars au fonds d’affectation spéciale pour le pays en 2027. 

Le pays voisin a par ailleurs appelé à la mise en œuvre de stratégies visant à attirer les investissements privés et à créer des emplois pour la jeunesse. Il a également exhorté au renforcement de la Commission Nationale de Désarmement Démantèlement et Réinsertion (CNDDR), afin d’offrir des perspectives aux jeunes, notamment ceux associés aux groupes armés.

« Le Conseil ne peut pas se contenter de gérer la crise. Il doit en sortir », a souligné l’ambassadeur dominicain..

De son côté, le Panama a salué la signature du pacte national du 21 février, qu’il considère comme une avancée importante pour la stabilité politique et institutionnelle du pays.

Selon le représentant permanent du Panama auprès de l’Organisation des Nations unies, Eloy Alfaro de Alba, cet accord constitue un pas significatif vers la continuité institutionnelle.

La France a, pour sa part, réitéré son soutien à Haïti dans la lutte contre les groupes armés, appelant à la poursuite des efforts internationaux en faveur de la sécurité et de la stabilité.

Le  chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti, Carlos Ruiz Massieu, a indiqué qu’Haïti se trouve à un tournant décisif, où les avancées politiques et institutionnelles ouvrent la voie à une perspective plus crédible pour l’avenir.

Avant sa participation à la réunion du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a multiplié les rencontres diplomatiques à Washington au début de la semaine.


Par: Daniella Saint-Louis

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