Exclusivité- Dernière partie
Le président du Conseil Présidentiel Leslie Voltaire dit travailler à la pacification du pays pour paver la voie aux élections. Le CPT, selon lui, s'y attèle. « L'année 2025 sera l'année de la pacification du pays », promet Voltaire lors de cet entretien exclusif accordé au journal depuis la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien à son retour de la Colombie.
Déploiement de la Mission
Selon des informations communiquées au journal d'ici la fin de l'année 600 nouveaux policiers Kényans, 150 Guatémaltèques et 80 Salvadoriens additionnels arriveront en Haïti; ce qui portera à 1200 le nombre de policiers et militaires présents sur le terrain dans le cadre de la Mission de Sécurité et de Soutien.
Nous avons demandé au président du CPT pourquoi la Mission tarde à se déployer dans toute son intégralité. Il a fait état d'un problème de financement, voilà pourquoi il réitère l'idée de transformer la mission du Kénya en une Force Multinationale sous l'aubédience de l'ONU; ce qui qui permettra, selon lui, de trouver les moyens nécessaires.
Entre-temps, le gouvernement veut se procurer des armes au Brésil et organise une campagne de recrutement pour la police et l'armée afin d'augmenter la capacité des forces de l'ordre. Il est aussi question d'augmenter l'effectif des unités spécialités dont la Swat Team. À cet effet, un ancien espace des Formes armées d'Haïti à Hinche est mis à profit.
Qu'en est-il des hélicoptères ?
Depuis un certain temps, les hélicoptères sont remplacés par les drones pour faire la guerre, nous a répondu Leslie Voltaire. Face à la puissance de feu des bandits de « Viv Ansanm », aucun pays n'exposerait pas ses hélicoptères et pilotes dans la guerre contre les gangs. Donc, l'option drone est celle privilégiée par le gouvernement.
Coopération-rencontre binationale en Colombie
C’est dans cette perspective que le représentant de Fanmi Lavalas au CPT s’est rendu en Colombie ce week-end et a appelé à l’aide les pays membres de l'Alba. Accompagné de 9 ministres de son gouvernement, dont ceux des affaires étrangères, du commerce, des affaires sociales et de l’agriculture, il a co-présidé samedi dernier un conseil des ministres binational avec le président Colombien Gustavo Pétro. L’aide au rétablissement de la sécurité en Haïti était au centre des débats et ce pays de l'Amérique du Sud promet de soutenir Haïti dans différents domaines, tels que le renforcement institutionnel, la coopération économique et commerciale, la justice, la sécurité publique, les migrations et la coopération technique, éducative et culturelle.
600 kilométres séparent Riohacha, département de La Guajira des côtes Sud d'Haïti et cette route est utilisée par les bandits haitiens pour toutes sortes de trafic dont la drogue, d'organe et des armes, nous explique Voltaire visiblement préoccupé par la le chaos dans lequel le pays est plongé. La coopération entre les deux pays permettra de lutter conjointement contre le grand banditisme, nous a-t-il indiqué. La formation, la communication et l’armement font partie de cette coopération. A la fin du mois de Janvier prochain, le président Gustavo Pétro rentrera en Haïti pour participer au deuxième conseil des ministres binational qui se fera, si rien ne change à Jacmel en raison de son symbolisme pour l'histoire des deux pays.
On se le rappelle, Simon Bolivar, le plus grand héros de l’Amérique latine, a trouvé aide et refuge en Haïti au début du 19e siècle.
Le 24 décembre 1815, en fuite face aux troupes de Ferdinand II, il débarque aux Cayes où il est reçu chaleureusement par les autorités de la ville. Quelques jours avant son arrivée, il écrit au président Alexandre Pétion pour lui demander assistance. Celui-ci le rencontre à Port-au-Prince le 2 janvier 1816 et lui promet tout le nécessaire dans sa lutte pour la libération de son peuple. Pétion l’autorise même à recruter des volontaires haïtiens pour combattre à ses côtés. Face une telle générosité, Simon Bolivar déclare :
« Dois-je faire savoir à la postérité qu’Alexandre Pétion est le libérateur de ma patrie ? »
Elections ?
Nous avions aussi abordé la question épineuse des élections. Leslie Voltaire se veut optimiste quant à leur réalisation. Le représentant de Fanmi Lavalas au sein du conseil, pense que dans les 14 mois qui nous restent, les élections peuvent se réaliser, du moins c'est son voeu. Mais pour ce faire, il a énuméré un ensemble de préalables: la réévaluation de la carte dermalogue remise en question par certains secteurs, la liste électorale, l’organisation d’un référendum pour une nouvelle constitution...
Quant au CEP, il est déjà à pied d'oeuvre. Il fait l'inventaire de la machine électorale et la mise à jour des listes électorales afin de lancer le processus. Dans le cadre des prochaines élections, Leslie Voltaire souhaite une réduction des 300 partis politiques existants à 12, une manière de réduire les dépenses.
Le président du CPT Leslie Voltaire entend organiser les élections au cours de l'année 2025. Il ne le voit pas encore aux commandes après le 7 février 2026.
Du train que cela va d'aucuns doutent de la possibilité pour l'équipe au pouvoir d’organiser des élections compte tenu du contrôle par les gangs armés de la majeure partie de la capitale haïtienne et ses environs et de plusieurs endroits de l'Artibonite.
Par Volcy Assad
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