PubGazetteHaiti202005

Me Lucmane Delille: « Joseph Jouthe m’a invité à rejoindre les gang lors de la formation du G9 »

L'émission

L’ancien ministre de la justice, Me Lucmane Delille a eu, comme annoncé, son « droit de réponse »  à l’émission « Ayiti nan bon Ti Mamit » presenté par Peterson Joseph Premier de Gazette-Haïti ce lundi 4 avril 2022, suite aux déclarations de Joseph Jouthe, selon lesquelles il a été révoqué sur demande de Jovenel Moïse pour des « actions dégradantes et déshonorantes ». L’ancien commissaire du gouvernement a rejeté d’un revers de main les allégations de l’ex-premier ministre. Selon l’ancien garde sceaux de la république, il n’en a jamais été question. Livrant sa version des faits, Me Delille dit avoir été remercié après son refus de collaborer les gangs.

 

Comme le veut la déontologie du métier, Lucmane Delile a eu son droit de réponse après les révélations fracassantes de l’ancien premier ministre Joseph Jouthe. A son tour, l’ancien ministre de la justice et de la sécurité publique n’a pas manqué de faire des révélations autant fracassantes que son ex patron de la primature. Il présente une relation houleuse entre lui et Joseph Jouthe le temps de son règne au ministère.

 

« L’ancien premier ministre Joseph Jouthe ne m’a jamais aimé », a lâché l’ancien garde des sceaux de la république qui rapporte que l’ancien premier ministre a toujours vu en lui un homme à abattre à tout prix, un « compétiteur ». « Il avait développé une animosité criante à mon égard. Il ne voulait pas me voir », a-t-il déclaré. 

 

Cette relation tendue avec le premier ministre lui a valu sa lettre de révocation après 4 mois de service et « après que des dispositions ont été prises pour contrer les bandits sans foi ni loi de Village de Dieu ».

 

Sous le règne de Delille, le pays fait face à une recrudescence de l’insécurité. Pour tenter de mater le phénomène, Lucmanne Delile, ministre de la justice et de la sécurité publique de l’époque ordonne d’encercler le contour de Village de Dieu empêchant aux bandits de sortir de leurs trous.

Selon l’ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, cette stratégie commençait à apporter des résultats. Après ces mesures, seul le docteur Bitard a été kidnappé », s’est-il vanté.

Ces résultats semblaient ne pas satisfaire le chef du gouvernement d’alors, Joseph Jouthe, selon Delille qui dit avoir été approché par un « émissaire » de ce dernier lui demandant de rejoindre les gangs armés. « Joseph Jouthe m’a invité à rejoindre les gangs lors de la formation du G9. A noter que le G9 n’a pas été formé au moment que j’étais ministre, plutôt après mon départ », a-t-il révélé, menaçant de publier les conversations entretenues avec la personne en question, la date et des noms: 

« J’attends qu’il vienne me démentir ».

 

A la proposition de l’émissaire du premier ministre Joseph Jouthe, Lucmane Delille affirme « (avoir) refusé catégoriquement ». « Depuis lors, Joseph Jouthe ne m’a jamais pardonné », croit l’ancien ministre de la justice. 

Lucmane Delile dit ne pas être en mesure d’affirmer que Joseph Jouthe, premier ministre de l’époque, a agi de son propre chef ou avec l’approbation du président Jovenel Moïse. 

« Peut-être, peut-être vrai, je ne veux pas salir la mémoire du Président car il ne m’a jamais questionné à ce sujet », a-t-il nuancé.

L’homme de loi confie par ailleurs qu’il était surpris d’entendre le chef du gouvernement déclarer qu’il parle tous les jours avec les bandits notoires. « Quand il a fait ces déclarations, des amis m’ont demandé de démissionner », a déclaré l’avocat.

Les affaires mettant aux prises les deux hommes n’en restaient pas là. Une affaire de grâce présidentielle s’est mêlée de la partie. Comme à l’accoutumée, le président libère des détenus grâce au mécanisme de « grâce présidentielle ». « Joseph Jouthe et le chef de cabinet de Jovenel Moise concoctaient et faisaient relâcher des criminels notoires à travers la liste de grâce présidentielle », accuse M. Delille qui indique avoir révoqué sur le champ les différents commissaires du gouvernement impliqués dans ce complot.

 

Pour Me Delille, le destin était déjà écrit. Il rapporte que malgré ces révocations, certains dans les rouages de la présidence et de la primature disaient dans son dos qu’il aurait pris de l’argent pour faire libérer des criminels. « C’est ce dont il (Joseph Jouthe) parlait de « déshonorant », a-t-il révélé.

Les accusations de Lucmanne Delile n’ont pas cessé. L’ancien ministre de la justice et de la sécurité publique fait croire que « Joseph Jouthe est millionnaire » et que ses gains sont de provenance douteuse. « Il n’y a pas assez d’argent dans l’administration publique pour devenir millionnaire », soutient M. Delille qui met au défi l’ancien premier ministre Joseph Jouthe de réagir. Il menace d’en dire davantage, notamment rendre publics certains messages téléphoniques et de saisir les tribunaux. 

La guerre médiatique entre les deux hommes crée le buzz sur les réseaux sociaux. La toute jeune émission « Ayiti Nan Bon ti Mamit » animée par Peterson Joseph Premier, (avec co-animateur spécial, le PDG de Gazette Haïti, Volcy Assad), a battu tous les records. Plus de 2300 personnes étaient branchées durant près de deux heures et demie. 

 

 

Par : Daniel Zéphyr

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