PubGazetteHaiti202005

Devant le conseil de sécurité de l’ONU, Claude Joseph promeut l’accord d’Ariel Henry et appelle les Jovenelistes à lui faciliter la tâche 

Le chancelier Claude Joseph à l'ONU

Le ministre des affaires étrangères Claude Joseph a pris part ce lundi 4 octobre 2021 à la séance d’information du conseil de sécurité de l’ONU dédiée à la question haïtienne où il a pu faire une radiographie de la situation sociopolitique du pays et vanté au passage l’accord du 11 septembre 2021 initié par le premier ministre Ariel Henry. Le chancelier haïtien souhaite que le prochain mandat du BINUH tienne compte des nouvelles réalités auxquelles le pays fait face. 

 

Durant cette séance d’information du conseil de sécurité de l’organisation des Nations unies, le ministre des affaires étrangères Claude Joseph a énuméré certains faits passant par la pandémie du coronavirus pour arriver au tremblement de terre du 14 août 2021. Des faits qui selon lui n’ont fait qu’exacerber la crise sociopolitique que connaît la République d’Haïti depuis plus de trois ans, aggraver sa vulnérabilité et compromettre son développement durable. « Il (le gouvernement haïtien) est plus que déterminé à faire bouger les lignes, à progresser dans les réformes structurelles indispensables à l’amélioration de la gouvernance démocratique, à la lutte contre l’impunité, au renforcement de l’état de droit », rapporte-t-il dans son discours. 

 

Accord Ariel Henry = fin de la division fratricide 


Pour Claude Joseph, c’est dans un esprit d’unité nationale que le chef du gouvernement Ariel Henry se lance dans la quête d’un consensus plus large en vue de contribuer à la normalisation de la vie politique et au fonctionnement régulier des institutions démocratiques tenant compte des décennies de querelles intestines, de divisions stériles. « Au terme, de larges consultations avec les acteurs  de la classe politique et de la société civile, il a conclu un accord politique en vue de mettre un terme à cette division fratricide qui alimente l’instabilité et la violence », avance Claude Joseph précisant que ses efforts ont commencé à donner des résultats avec la signature, le 11 septembre dernier engageant plus de 200 organisations politiques et de la société civile. 

 

Selon le titulaire du ministère des affaires étrangères, il faut se capitaliser sur cet accord de façon à en faire la base d’un consensus le plus large possible afin de créer les conditions objectives de l’apaisement du climat sociopolitique et, par voie de conséquence, de l'organisation d'élections crédibles, transparentes et inclusives dans les meilleurs délais. « Pour cela, il est essentiel de faire triompher l’esprit d’abnégation et de dépassement de soi pour mettre les intérêts supérieurs de la nation au premier rang de nos préoccupations et motivations », déclare -t-il. 

« C'est dans cet esprit d'abnégation que j'appelle tous ceux qui, comme moi, ont été proches du très regretté président Moïse, à faciliter la tâche au gouvernement dont je fais partie, avec l'appui de nos partenaires internationaux, des acteurs de la société civile, voire même secteurs qui étaient farouchement opposés au Président Moïse, dans le cadre d'un large accord inter-haïtiens comme seule planche de salut de la patrie commune », poursuit Claude Joseph se donnant un satisfecit d'avoir lui même fait preuve de cette abnégation quand il avait, comme premier ministre a.i cédé la place à Ariel Henry.


Assassinat de Jovenel Moise : appel à une entraide judiciaire 

 

Dans son discours, le ministre des affaires étrangères a tenu à souligner l’importance pour le gouvernement dont il fait partie de renforcer le système judiciaire qui, selon lui, doit absolument travailler à l’aboutissement de l’enquête sur  l’assassinat du Président Jovenel MOISE.  

« D’innombrables efforts ont été entrepris sur le terrain afin de faire avancer l’enquête sur l’assassinat du Président Jovenel Moise, il faut le reconnaître. Mais, les faiblesses du système judiciaire haïtien, combinées au  caractère manifestement transnational de ce crime, ne sont pas pour garantir la poursuite et l’aboutissement de l’enquête, encore moins de la manifestation de la justice sur ce dossier », fait-il remarquer faisant appel à une entraide judiciaire pour faire aboutir l’enquête, identifier et punir les coupables. 

 

S’agissant des gangs armés et les attaques commises contre la population civile, Claude Joseph se dit conscient des préoccupations  en matière de droits de l’homme mais réitère l’engagement du gouvernement d’assurer le respect, la défense et la promotion des droits de la personne, sans discrimination aucune, conformément à ses engagements et obligations découlant des traités internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’homme auxquels la République d’Haïti est partie. 


Sur le renouvellement imminent du BINUH, Claude Joseph croit qu’il est important que ce mandat tienne compte des nouvelles réalités auxquelles  le pays fait face et qu'il s'adapte en conséquence.  « Le renforcement des capacités opérationnelles  des institutions chargées de la sécurité et du maintien de l’ordre, en particulier de la Police Nationale d’Haïti, mérite la meilleure attention », clame-t-il souhaitant que ce mandat soit axé autour du renforcement de la sécurité et de la lutte contre la violence en appuyant les efforts du gouvernement dans les domaines de la sécurité, de la stabilisation et de la protection de la population.

Ce sont là, pour Claude Joseph, des attentes légitimes de la population qui, dit-il, a assez souffert de la violence des gangs armés, du kidnapping et de la criminalité en général.

 

 

.

Par : Daniel Zéphyr

Category

Politique

Culture

Economie

Sport