PubGazetteHaiti202005

Massacre à Kenscoff : la TRN exige des réponses et une action urgente de l’État

Massacre à Kenscoff : la TRN exige des réponses et une action urgente de l’État

La Table de la Relève Nationale (TRN) exprime son indignation après le massacre survenu dans la commune de Kenscoff dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026. Dans une note publiée le 25 août, l’organisation politique dénonce une nouvelle tragédie qui, selon elle, illustre l’aggravation de la crise sécuritaire en Haïti.

Se référant à un bilan provisoire des Nations unies, la TRN fait état d’au moins 47 morts, 22 blessés et plus de 50 personnes enlevées. Parmi les personnes tuées figureraient au moins cinq enfants. L’organisation rapporte également que 22 personnes auraient été exécutées dans une église où elles avaient cherché refuge.

Pour la TRN, cette attaque ne doit pas être considérée comme un simple bilan supplémentaire dans la longue série de massacres enregistrés dans le pays. Elle rappelle que derrière chaque victime se trouvent une famille, une histoire et des proches désormais confrontés au deuil, au déplacement ou à l’attente de nouvelles de personnes enlevées.

L’organisation adresse ses condoléances aux familles des victimes et exprime sa solidarité envers les blessés, les personnes déplacées et les proches des personnes toujours retenues en otage. Elle estime toutefois que les messages de compassion ne peuvent constituer l’unique réponse des autorités.

La TRN réclame une réponse sécuritaire et judiciaire

La Table de la Relève Nationale appelle les autorités à mobiliser sans délai les moyens nécessaires pour retrouver les personnes enlevées et obtenir leur libération vivante. Elle demande également la sécurisation permanente de Kenscoff et des zones environnantes, avec une présence opérationnelle et des dispositifs de surveillance adaptés à la situation.

Sur le plan humanitaire, l’organisation réclame une prise en charge immédiate des blessés, des familles touchées et des personnes déplacées, ainsi qu’un accompagnement psychosocial pour les victimes et leurs proches.

La TRN de Stéphane Vincent demande par ailleurs l’ouverture d’une enquête rapide, indépendante et transparente afin d’établir les circonstances du massacre et d’identifier les auteurs, commanditaires, financiers et éventuels complices. Elle souhaite également que toute éventuelle négligence ou faiblesse opérationnelle ayant contribué à la tragédie soit examinée.

L’organisation insiste enfin sur la nécessité de poursuivre en justice toutes les personnes impliquées, quel que soit leur niveau de responsabilité, et de prendre des mesures pour empêcher que de tels actes se reproduisent dans d’autres régions du pays.

« Pas de processus crédible sans sécurité »

Dans sa déclaration, la TRN établit un lien direct entre la sécurité des citoyens et la crédibilité de tout processus politique ou institutionnel. Elle estime qu’aucun projet national, processus politique ou calendrier électoral ne peut être considéré comme pleinement crédible alors qu’une partie de la population ne peut ni vivre, ni circuler, ni regagner son domicile en toute sécurité.

Pour l’organisation, les familles des victimes doivent obtenir vérité, justice et réparation, tandis que la population de Kenscoff a besoin d’une protection durable plutôt que de réponses limitées aux périodes qui suivent les tragédies.

La TRN conclut son message en appelant à ne pas banaliser les massacres et en rendant hommage aux victimes de Kenscoff. « Nous ne devons jamais accepter que le massacre devienne quelque chose de normal dans notre pays », soutient-elle.


Wideberlin Sénexant

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