L’échéance du 13 décembre 2026, retenue pour le premier tour des élections générales en Haïti, suscite de nouvelles réserves au sein de la classe politique. Invité mardi 26 août 2026 à l’émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad », l’avocat et dirigeant politique André Michel a estimé que les conditions actuelles ne permettent pas d’organiser un scrutin crédible et sécurisé. Il appelle le gouvernement, le Conseil électoral provisoire (CEP) et les partis politiques à se réunir afin de revoir le calendrier électoral.
Entre-temps, André Michel condamne cette nouvelle flambée de violence et estime que la dégradation de la situation sécuritaire compromet directement la préparation et la tenue des prochaines élections. « Fòk gouvènman an ak KEP + pati politik yo chita pale pou chanje dat eleksyon yo paske 13 Desanm nan enposib », a-t-il déclaré lors de l’émission, appelant le gouvernement, le CEP et les partis politiques à se concerter afin de revoir la date du scrutin.
Selon lui, maintenir la date du 13 décembre 2026 sans tenir compte de la réalité sécuritaire exposerait le processus électoral à de graves risques. Le contrôle de plusieurs axes routiers et territoires par des groupes armés pourrait notamment compliquer les déplacements des électeurs, du personnel électoral et du matériel nécessaire au scrutin.
Au cours de l’émission, l’avocat a également mis en garde contre les conséquences d’une décision tardive. Il estime que laisser les candidats engager des dépenses, constituer leurs dossiers et préparer leurs campagnes avant d’annoncer un éventuel report pourrait fragiliser davantage la crédibilité du processus électoral et celle du CEP.
André Michel redoute surtout que la tenue d’élections dans un contexte de terreur renforce l’influence des groupes armés. Selon lui, l’intimidation, la pression et la corruption pourraient affecter la liberté de choix des électeurs et compromettre l’intégrité du scrutin. Il met ainsi en garde contre le risque de « livrer les urnes aux gangs ».
Pour sortir de cette situation, le dirigeant politique préconise une concertation entre le gouvernement, le CEP, les partis politiques, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux. Cette rencontre devrait, selon lui, permettre d’évaluer la situation sécuritaire et de déterminer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles, libres et sécurisées.
André Michel précise toutefois que sa demande de report ne vise pas à prolonger indéfiniment la transition. Il estime que celle-ci doit prendre fin dès que les conditions minimales de sécurité seront réunies pour permettre le transfert du pouvoir à des autorités élues.
Arnold Junior Pierre
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