Invité de l’émission « Le Rendez-vous avec Assad Volcy » le 21 août 2026, Jodson Dirogène, porte-parole de Fanmi Lavalas, a exposé les réserves de son parti quant à la conduite du processus électoral en Haïti, tout en réaffirmant son attachement aux élections comme voie de sortie de la transition et de rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Selon le responsable politique, Fanmi Lavalas entend prendre part au processus malgré ses désaccords avec le Conseil Électoral Provisoire (CEP). Il dénonce toutefois ce qu’il considère comme un manque de communication et de transparence de l’institution électorale à l’égard des partis et groupements politiques.
Jodson Dirogène cite notamment des invitations transmises tardivement aux structures concernées, une pratique qui, selon lui, complique leur participation aux différentes étapes du calendrier électoral.
Des réserves sur le dispositif électoral
Au cours de l’émission, le porte-parole de Fanmi Lavalas a également soulevé des interrogations sur l’organisation des centres d’inscription et des bureaux de vote. Il questionne leur répartition géographique ainsi que la capacité du dispositif à accueillir le nombre d’électeurs attendus le jour du scrutin.
Il critique par ailleurs certaines exigences administratives imposées aux formations politiques. Selon lui, la quantité de documents requis, 26 au total, pour l’inscription, ainsi que certaines procédures techniques, sont excessivement complexes et risquent de constituer des obstacles à la participation des partis.
Pour Dirogène, ces difficultés restent toutefois secondaires face à l’enjeu sécuritaire.
« Pas d’élections sans sécurité »
Le porte-parole de Fanmi Lavalas estime que l’organisation d’élections crédibles demeure impossible sans un environnement suffisamment sûr pour permettre aux citoyens de circuler, de s’inscrire et d’exercer librement leur droit de vote.
Il dénonce l’emprise des groupes armés sur plusieurs territoires ainsi que l’insécurité chronique qui, selon lui, prive une partie de la population de la possibilité d’exercer normalement ses droits politiques. Il attribue une part de responsabilité aux autorités haïtiennes et à la communauté internationale dans la persistance de cette situation.
Au terme de son intervention, Jodson Dirogène a appelé le CEP à revoir certains aspects de sa démarche et à privilégier un dialogue plus soutenu avec les partis politiques et les organisations de la société civile.
Fanmi Lavalas souhaite notamment une révision du décret électoral dans le cadre d’une démarche concertée. Pour le parti, le processus doit avant tout permettre à la population de choisir librement ses représentants et contribuer à une sortie durable de la transition politique.
Au-delà des considérations techniques et administratives, Jodson Dirogène place ainsi la sécurité au cœur de la crédibilité du prochain scrutin, estimant qu’aucun processus électoral ne peut pleinement remplir sa fonction démocratique si une partie importante de la population demeure privée de la liberté de circuler et de participer au vote.
Wideberlin Sénexant
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