Intervenant à l’émission Le Rendez-vous avec Assad Volcy sur Gazette Haïti News le lundi 11 mai, André Michel a défendu la nécessité d’organiser des élections le plus rapide que possible, tout en insistant sur l’importance de rétablir la sécurité avant tout processus électoral. Selon lui, les autorités doivent simultanément avancer sur la tenue du scrutin et intensifier la lutte contre les gangs afin d’éviter toute dérive dans le processus démocratique.
Cette intervention intervient après que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a affirmé, lors d’une interview avec Le Nouvelliste, qu’un premier tour des élections pourrait se tenir d’ici la fin de l’année.
Selon André Michel, ce type de déclaration est important pour le processus électoral. Il estime qu’elle n’est pas anodine, puisqu’elle s’inscrit dans l’agenda politique de la transition, autour duquel un pacte a été signé. Cet accord prévoit clairement l’organisation des élections. Toutefois, il souligne que tout dépendra du niveau de sécurité dans le pays.
Pour lui, les élections doivent permettre de remettre le pouvoir à des autorités légitimes en février 2027, mais aussi de rétablir la sécurité afin d’éviter tout « coup d’État électoral » dominé par les gangs armés.
L’avocat et membre du Secteur Démocratique et Populaire (SDP) insiste sur la nécessité d’investir davantage dans l’élimination des gangs avant toute chose. Il estime qu’il faut éviter un basculement du pays alors que les groupes armés contrôlent de vastes territoires et pourraient s’immiscer dans le processus électoral, voire proposer leurs propres candidats grâce à leurs moyens financiers. André Michel souhaite ainsi que toutes les garanties soient réunies pour la tenue de bonnes élections.
Le Premier ministre, faut-il le signaler, a été prudent dans ses déclarations autour des élections. Il a rappelé que la situation sécuritaire demeure un élément central qu’il est impossible d’ignorer. Et il serait irresponsable, dit-il, d'inviter une population de faire la queue devant des bureaux de vote sous des menaces potentielles des gangs.
Réaction sur la proposition de 30 000 adhérents pour qu’un parti soit agréé à présenter des candidats
Réagissant également à l’exigence de 30 000 adhérents pour qu’un parti soit agréé à présenter des candidats, André Michel affirme adopter une position citoyenne. Alors que près de 300 partis politiques sont enregistrés et agréés par le CEP, il juge anormal qu’un scrutin puisse se dérouler avec un aussi grand nombre de formations politiques.
Il décrit une situation préoccupante et désordonnée. Il dit soutenir la proposition contenue dans le décret du CEP visant à encourager les partis à se regrouper en alliances ou plateformes politiques. Selon lui, le processus deviendrait ingérable avec autant de partis susceptibles de présenter une multitude de candidatures.
André Michel dit également éprouver de la honte face à l’existence de « partis bidons » qui, selon lui, n’ont aucune véritable reconnaissance ni présence dans le débat politique haïtien.
Entre les incertitudes persistantes, les retards dans le processus, l’absence jusqu’à présent d’un cadre légal publié, notamment le décret électoral, l’absence de budget validé, un calendrier électoral encore flou ainsi que l’aggravation des attaques armées dans plusieurs zones et quartiers du pays, la perspective d’une relance du processus démocratique continue de susciter de nombreux doutes.
Wideberlin Sénexant
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