PubGazetteHaiti202005

Élections et insécurité : Gérald Germain s’oppose au processus et appelle à l’unité

Élections et insécurité : Gérald Germain s’oppose au processus et appelle à l’unité

L’ancien ministre des Affaires sociales, Gérald Germain, met en doute la possibilité d’organiser des élections dans les conditions actuelles en Haïti. Dans une récente intervention du mardi 25 août lors d'une assemblée de l'Initiative du 14 août, il estime que l’insécurité et la crise humanitaire qui frappent le pays ne permettent pas, selon lui, de réunir les conditions minimales nécessaires à la tenue d’un scrutin crédible.

Gérald Germain attire d’abord l’attention sur la situation des populations les plus vulnérables. Il évoque environ 1,5 million de personnes déplacées ainsi que 5,9 millions d’Haïtiens confrontés à l’insécurité alimentaire. Il dénonce également la persistance des violences, qui ont fait plusieurs milliers de victimes au cours des dernières années, particulièrement dans les quartiers populaires.

Pour l’ancien ministre, la priorité ne devrait donc pas être l’accélération du processus électoral, alors que la question sécuritaire demeure largement non résolue. Il critique notamment la démarche visant à procéder à l’enregistrement des candidats dans ce contexte. Une telle précipitation, estime-t-il, pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’avenir du pays et compromettre la prochaine décennie.

« Les conditions ne sont pas réunies » pour organiser des élections, soutient Gérald Germain, appelant à regarder au-delà du calendrier électoral et à s’attaquer aux problèmes structurels qui paralysent le pays.

Face à cette situation, il plaide pour une véritable « coralisation des forces », c’est-à-dire un rapprochement entre les différents secteurs politiques et les forces populaires. Pour lui, cette démarche ne doit toutefois pas se limiter à des alliances de circonstance ou à des slogans.

Germain appelle plutôt à la construction d’un programme national commun, capable de répondre aux principaux défis du pays. Il cite notamment l’éducation, le développement économique et la reconstruction de l’État parmi les priorités d’une éventuelle alternative politique.

L’ancien ministre estime ainsi que l’enjeu dépasse la seule organisation des prochaines élections. Il invite les acteurs politiques et sociaux à tirer les leçons des expériences passées et à travailler à la mise en place d’une alternative structurée, fondée sur un projet national plutôt que sur des intérêts ou des ambitions individuelles.


Wideberlin Sénexant

Category

Politique

Culture

Economie

Sport