PubGazetteHaiti202005

Contrat avec des compagnies étrangères: la FJKL alerte sur les engagements de l’État haïtien

FJKL

Dans un rapport rendu public début mars 2026, la Fondasyon Je Klere (FJKL) affirme que plusieurs contrats signés par l’État haïtien avec des entreprises étrangères pourraient coûter des milliards de dollars au pays et soulever de sérieuses questions sur la souveraineté nationale.

La Fondasyon Je Klere (FJKL) a tiré la sonnette d’alarme sur plusieurs accords conclus récemment par les autorités haïtiennes avec des firmes étrangères. Dans un rapport publié le 4 mars 2026, l’organisation estime que ces contrats engagent l’État dans des conditions financières particulièrement lourdes et concernent des secteurs considérés comme stratégiques.

Selon l’analyse de la fondation, trois contrats majeurs sont au cœur des préoccupations : un projet de construction et d’exploitation de prisons, un accord de modernisation des services douaniers et un contrat de sécurité destiné à soutenir les opérations contre les gangs.

Un projet de prisons sur 50 ans

Le premier contrat concerne la construction de trois établissements pénitentiaires à Source Matelas (Arcahaie), Fort-Liberté et Jacmel. Signé en décembre 2025 entre l’État haïtien et la société Metric Facility S.A, l’accord prévoit la conception, la construction et l’exploitation de ces infrastructures pour une durée de 50 ans.

Le coût de construction est estimé à 85,4 millions de dollars américains. Toutefois, le rapport indique que la société concessionnaire n’aurait à mobiliser qu’environ 25 % du financement, tandis que le reste pourrait être obtenu par des prêts garantis par l’État.

En contrepartie, Haïti s’engagerait à verser 22 dollars par détenu et par jour et à maintenir un taux d’occupation minimal de 75 % dans les établissements pénitentiaires.

 Selon les calculs présentés par la FJKL, ces obligations pourraient représenter plus de 6 milliards de dollars sur la durée du contrat.

Modernisation des douanes : un contrat sur dix ans

Le second accord examiné dans le rapport concerne la restructuration et la modernisation des services douaniers et d’immigration du pays. Signé le 4 février 2026 avec le consortium Evergreen System Limited, ce contrat s’étend sur une période de dix ans.

Le projet prévoit notamment l’acquisition d’équipements de surveillance et de sécurité, dont trois hélicoptères, six vedettes rapides, 20 véhicules tactiques et plusieurs systèmes de drones destinés au contrôle des frontières.

Sur le plan financier, l’État haïtien doit d’abord verser 13,6 millions de dollars pour le lancement du programme.

 Ensuite, la société percevra une rémunération équivalente à 3 % de la valeur totale des importations enregistrées par les douanes, ainsi qu’une prime de performance pouvant atteindre 20 % des recettes additionnelles collectées durant les premières années du projet.

La FJKL estime que les recettes douanières actuelles, qui avoisineraient près d’un milliard de dollars par an, pourraient permettre à la firme de générer des gains très importants pendant la durée du contrat.

Un contrat de sécurité de 52 millions de dollars

Le troisième dossier évoqué dans le rapport concerne un accord de sécurité conclu avec la société Windward Wyoming LLC. Ce contrat viserait à fournir un appui stratégique et opérationnel à la Police nationale d’Haïti dans la lutte contre les groupes armés.

Le projet prévoit notamment la mise en place d’une force opérationnelle d’environ 100 hommes, ainsi que des opérations ciblées dans plusieurs zones du pays afin de rétablir la circulation sur les principales routes et sécuriser certaines infrastructures stratégiques.

Le montant total du contrat serait évalué à 52 millions de dollars pour une année. D’après les informations recueillies par la FJKL, environ 35,5 millions de dollars auraient déjà été décaissés durant les premiers mois d’exécution.

Des interrogations sur la souveraineté

Au-delà des montants engagés, la FJKL s’inquiète surtout du fait que ces accords confient à des sociétés étrangères des responsabilités dans des domaines sensibles tels que la sécurité, la gestion des frontières et l’administration pénitentiaire.

L’organisation estime que ces contrats mériteraient un examen approfondi afin de vérifier leur conformité avec les intérêts de l’État et les principes de gouvernance publique.

Elle appelle également les institutions de contrôle et les futures autorités élues à analyser les conditions dans lesquelles ces accords ont été négociés et signés.

Wideberlin Sénexant

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