PubGazetteHaiti202005

Antigua-et-Barbuda et la Dominique optent pour l’accueil de demandeurs d’asile expulsés des États-Unis

@Jacquiecharles

Deux États insulaires des Caraïbes, Antigua-et-Barbuda et la Dominique, ont accepté d’accueillir des demandeurs d’asile déboutés des États-Unis et ne pouvant être renvoyés dans leur pays d’origine. Une décision sensible, annoncée cette semaine, dans un contexte régional déjà marqué par des défis sécuritaires, économiques et migratoires.


Selon les autorités dominicaines, un accord a été conclu avec Washington afin de faciliter l’accueil de réfugiés de pays tiers, notamment en raison des limites rencontrées par les États-Unis dans leurs procédures de rapatriement. Le Premier ministre Roosevelt Skerrit a justifié ce choix par la volonté de préserver les relations bilatérales avec les États-Unis, alors que la Dominique et Antigua-et-Barbuda sont visées par une interdiction partielle de voyager décidée par l’administration Trump.

Cette restriction américaine est liée aux programmes de citoyenneté par investissement (CBI), dits « passeports dorés », mis en place par les deux pays. Washington exprime des inquiétudes quant à la transparence de ces dispositifs, accusés d’avoir permis à des ressortissants de pays jugés sensibles d’obtenir des passeports caribéens.

En Dominique, l’annonce suscite de vives critiques de l’opposition, qui dénonce un manque de transparence et s’interroge sur la capacité du pays à accueillir des réfugiés alors qu’il fait toujours face à une pénurie de logements depuis l’ouragan Maria en 2017. Le gouvernement assure toutefois que des garanties ont été exigées pour exclure toute personne présentant un risque sécuritaire.

De son côté, Antigua-et-Barbuda adopte une position plus prudente. Les autorités parlent d’un protocole d’entente non contraignant, prévoyant l’acceptation éventuelle d’un nombre très limité de réfugiés, avec un plafond annoncé de dix personnes par an. Chaque dossier sera examiné au cas par cas, et aucune personne ayant un casier judiciaire ne sera acceptée, ont insisté les responsables.


Ces décisions interviennent dans un climat régional tendu, marqué par une intensification de la politique migratoire américaine et des tensions géopolitiques dans les Caraïbes. Washington affirme poursuivre ses efforts avec ses partenaires régionaux pour partager la responsabilité de la gestion de la crise migratoire.

La date fatidique pour la suspension du TPS surtout  pour les Haïtiens arrive, alors que bon nombre optent pour la demande d'asile. Avec la proposition ou la décision de ces deux pays, la donne pourrait changer gravement pour les ressortissants en situation irrégulière.

Wideberlin Sénexant 
Avec Miami Herald

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