PubGazetteHaiti202005

Haïti : Pierre Espérance appelle à une répression accrue contre les gangs, qualifiés de de « terroristes » par la République Dominicaine

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Face à la montée en puissance des gangs armés, le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, maintient sa position en les qualifiant de « terroristes » et plaide pour une répression plus ferme. Parallèlement, la République dominicaine a officiellement classé 26 gangs haïtiens comme des « organisations terroristes », renforçant ainsi sa politique face à l’aggravation de la crise sécuritaire en Haïti.

Depuis plusieurs années, les gangs armés imposent un climat de terreur en Haïti, enchaînant assassinats, enlèvements, incendies d’hôpitaux et d’écoles, ainsi que des attaques contre des infrastructures stratégiques. Dans ce contexte, Pierre Espérance considère que ces exactions relèvent du terrorisme.  

« Ce ne sont plus de simples bandits, ce sont des terroristes », a-t-il affirmé lors d’une conférence avec plusieurs journalistes. Il a poursuivi en dénonçant la brutalité de ces groupes : « Quand ils tuent des femmes et des enfants, incendient des hôpitaux, attaquent des avions, ils agissent comme des groupes terroristes. »  

Selon lui, les autorités doivent adopter une approche plus rigoureuse pour éradiquer ces gangs. Il salue ainsi les frappes de drones explosives effectuées par la police nationale d’Haïti les 2 et 3 mars, qu’il juge être une « bonne initiative ». Toutefois, il insiste sur la nécessité d’intensifier ces actions en ciblant les bases des gangs et en neutralisant leurs chefs.  

« Il faut plus de drones et des actions ciblées pour mettre fin à ces groupes qui appauvrissent la population et détruisent la classe moyenne », a-t-il poursuivi. 


En plus de la réponse étatique, Pierre Espérance exhorte la population à prendre ses responsabilités face à la menace grandissante des gangs. Il déplore l’inaction de nombreux citoyens face aux exactions répétées.  

« Il faut que les citoyens prennent leur destin en main. Les bandits entrent chez eux et ils ne réagissent pas. C’est de la lâcheté », a-t-il martelé. Il ajoute que pour que 2025 soit une année plus sereine, « il faut que les Haïtiens commencent à tuer les bandits ».  

Il appelle ainsi à une riposte collective et critique le manque d’initiatives des autorités. « La police nationale est dépassée. Tous les Haïtiens doivent agir pour éradiquer ces gangs. »  

Alors que la situation sécuritaire en Haïti se détériore, la République dominicaine a adopté une mesure stricte en réponse à cette menace. Le mardi 4 mars 2025, le président Luis Abinader a promulgué le décret 104-25, désignant 26 gangs haïtiens comme des « organisations terroristes ».  

Parmi ces groupes figurent 400 Mawozo, Grand Ravine, Kraze Barye, Delmas 6, Belekou et Simon Pelé, tous tristement célèbres pour leurs actes de violence extrême.  

Dans une déclaration ferme, le chef de l’État dominicain a averti : « Nous ne tolérerons aucune menace contre la sécurité et la paix du peuple dominicain. Toute personne affiliée à ces groupes qui tentera d’entrer en République dominicaine sera arrêtée et jugée selon nos lois antiterroristes. »  

Pour appuyer cette décision, le gouvernement dominicain a activé le Conseil national antiterroriste et la Direction nationale antiterroriste, mettant ainsi en place des mécanismes renforcés pour empêcher l’infiltration de ces gangs sur son territoire.  


Cette déclaration dominicaine pourrait influencer la communauté internationale et accélérer la prise de décisions en ce sens. Selon le responsable du RNDDH, si les Nations unies reconnaissaient officiellement ces gangs comme des organisations terroristes, cela ouvrirait la voie à une mission internationale mieux équipée pour les combattre.  

Néanmoins, en Haïti, la gestion de cette crise suscite encore des tensions au sein du gouvernement. « Le problème sécuritaire découle de la mauvaise gouvernance et d’un manque de leadership au sein de l’État », a dénoncé Pierre Espérance. 


Arnold Junior Pierre

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