PubGazetteHaiti202005

Haïti-Crise: le Miami Herald invite l’administration Biden à cesser de faire pression pour l’organisation des élections en Haïti

Miami Herald

Le journal américain Miami Herald dans un éditorial publié en date du samedi 29 mai, met en garde l'administration du président américain Joe Biden, d'arrêter de faire pression pour l'organisation des élections en Haïti, « susceptibles d'aggraver la situation ».
 
 
Haïti est un gâchis. Et l'administration Biden a finalement reconnu cela en accordant le statut de protection temporaire à plus de 100 000 Haïtiens aux États-Unis, a écrit l’éditorialiste Nancy Ancrum, poursuivant que : « Pour cela, Biden, dont le ministère de la Sécurité intérieure a délivré une nouvelle désignation TPS de 18 mois aux Haïtiens vivant aux États-Unis à compter du 21 mai 2021, doit être félicité. Cela signifie que lui et ses fonctionnaires ont enfin entendu ce que les militants de l'immigration, le clergé, les membres de la communauté haïtienne aux États-Unis et les Haïtiens en Haïti disent depuis des mois: Haïti est trop dangereux pour que ses ressortissants reviennent. Mais le travail de l’administration dans ce pays torturé n’est pas terminé »
 
« Si Haïti est si dangereux et si instable que l'administration a accordé un sursis à ses citoyens basés aux États-Unis par le biais du TPS, alors Haïti est également trop dangereux et trop instable pour organiser des élections crédibles et sûres », estime-t-elle.
 
L’éditorialiste Nancy Ancrum, souligne combien les conditions sur le terrain en Haïti montrent clairement que Moïse ne peut pas organiser les élections libres, justes et crédibles dans cette situation de graves problèmes de sécurité, troubles sociaux, violations des droits de l’homme et pauvreté paralysante 
 
Toujours dans la colonne du quotidien, elle critique vertement la gouvernance de Jovenel Moïse, qu’elle qualifie de « l’autocrate en herbe  d’Haïti ». Selon Nancy Ancrum, Jovenel Moïse ne gouverne pas. Il n’a pas réussi à répondre aux besoins les plus élémentaires des citoyens haïtiens. Au lieu de s'attaquer à la violence des gangs qui a conduit à une vague alarmante d'enlèvements et de violations des droits humains, Moïse a profité des 16 derniers mois du règne d'un homme pour prendre plusieurs mesures inconstitutionnelles, souligne-t-elle.
 
Le quotidien américain appelle par ailleurs, l’administration Biden à agir autrement face à  la situation de crise qui sévit actuellement en Haïti. « Nous appelons actuellement Chung et l'administration Biden à ce sujet. Il est temps pour Washington de mettre fin à la rhétorique sur Haïti et d’agir concrètement. Il est temps de cesser d’assimiler la démocratie uniquement aux élections, et il est plus que temps de promouvoir et d’exiger une bonne gouvernance. Cela signifie que l’administration doit cesser de soutenir les dirigeants à tendance autocratique simplement parce qu’elle les considère comme démocratiquement élus . Ils sont tout aussi coupables que leurs homologues ailleurs dans l'hémisphère qui bafouent les droits de l'homme et promeuvent des politiques qui les maintiendront au pouvoir », écrit le journal américain.
 
 
Biden devrait reconnaître que la première étape vers une Haïti libre ne consiste pas à insister sur des «élections à tout prix» mais à insister sur la bonne gouvernance, souligne le journal américain, insinuant en ce sens que le gouvernement des Etats-Unis doit s’opposer ouvertement et sans vergogne au référendum constitutionnel du 27 juin qui, malgré les bonnes intentions de certains membres de la communauté internationale, ne rapprochera pas Haïti de la démocratie, a fait remarquer le quotidien. « Au contraire, cela plongera le pays plus profondément dans le chaos et l'autoritarisme », met-elle en garde.              
 

 

 

 Par Fenel Pélissier

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