Lors d'un conseil permanent de l’OEA ce mercredi 12 mai pour examiner un projet de composition et d'envoi d'une Mission en appui au dialogue en Haïti, l’ambassadeur d’Haïti aux États-Unis, Bocchit Edmond, s'en prend à Sir Ronald Sanders, ambassadeur de Antigua-et- Barbuda aux États-Unis et à l'OEA. Bocchit Edmond, lors de son intervention, accuse son homologue Sanders d’ « essayer d’utiliser Haïti comme un pion dans son agenda personnel ».
Mercredi 28 avril dernier dans une correspondance adressée au Secrétaire Général de l'OEA, Luis Almagro, le gouvernement haïtien à travers le Ministère des Affaires étrangères s’était dit « disposé à accueillir une mission de l’OEA en appui au dialogue en cours avec tous les acteurs de la vie nationale en vue de la conclusion d’un accord politique susceptible de faciliter l’organisation du référendum et des élections » dans le pays cette année.
Hier mardi 11 mai, Sir Ronald Sanders avait révélé sur son compte Twitter des propos que l’ambassadeur d’Haïti aux États-Unis, Bocchit Edmond aurait tenus lors d’une rencontre « informelle » à l’OEA au sujet du rôle de médiateur de l’organisation dans la crise haïtienne.
« L’Ambassadeur d’Haïti a déclaré lors d’une réunion informelle du Conseil permanent de l’OEA que, nonobstant la déclaration contenue dans la lettre de son Ministre des affaires étrangères à SG Almagro, son gouvernement a déclaré que l’OEA devrait faciliter l’organisation d’un référendum. Bien. », avait écrit le diplomate.
L'ambassadeur Bocchit Edmond n’avait pas apprécié la sortie sur Twitter de Sir Ronald Sanders et a répliqué : « C’est votre propre interprétation. Calmez-vous Ron, rien à célébrer ici. », avait tweeté, dans la même journée du 12 mai, l’ancien ministre des affaires étrangères.
Ce mercredi 12 mai, la passe d’armes s’est poursuivie lors d’un Conseil Permanent de l'OEA pour examiner un projet de composition et d'envoi d'une Mission en appui au dialogue en Haïti entre les deux diplomates.
Selon les propos recueillis sur le compte Twitter du Journaliste Senor Jacqueline Charles, correspondante de Miami Herald en Haïti, l’Ambassadeur d'Haïti, également représentant du gouvernement à l’OEA, Bocchit Edmond accuse Antigua-et-Barbuda d'essayer de déstabiliser Haïti et de se livrer à «des activités répréhensibles». Il accuse de @sirronsanders d'essayer d'utiliser Haïti comme un pion «dans son agenda personnel». « J'ai le sentiment que chaque déclaration que vous faites va dans le sens d'un boycott. Cessez de jouer avec Haïti pour faire avancer votre propre programme », a-t-il lancé au représentant de Antigua-et-Barbuda.
En réponse, l’ambassadeur Sanders, après avoir approuvé la position américaine concernant l’envoi de la mission en Haïti, a déclaré : « Je n'ai pas d'agenda personnel et la seule préoccupation est la paix et la sécurité du peuple d'Haïti ». Il poursuit en disant que « Antigua est un petit pays alors que #Haiti est grande et n'a pas les ressources nécessaires pour déstabiliser Haïti, comme le dit Bocchit ». « Je ne me suis impliqué dans aucune confrontation avec @BocchitEdmond , "Sanders accuse #Haiti de l'intimidation en appelant les gouvernements, y compris le sien, à essayer de le faire taire », rapporte Jacqueline Charles.
Pour l’ancien chancelier haïtien, les tweets et les écrits du diplomate de Antigua-et-Barbuda ne sont pas acceptables. « Je vous demanderai de vous retenir ... Je ne vous autoriserai pas à utiliser mon propre pays pour votre agenda personnel », a-t-il conclu.
Notons que lors de ce conseil permanent de l'OEA, « l’ambassadeur du Nicaragua à l'OEA déclare qu'il s'abstiendra de toute décision prise sur la nation souveraine de #Haïti en réponse à la mission en Haïti », selon la journaliste.
De leur côté, les États-Unis déclarent qu'ils soutiennent fermement cette mission et sont prêts à fournir un financement pour une large participation. Les États-Unis veulent que l’OEA agissent rapidement et trouvent une date pour la mission.
Rappelons que Bocchit Edmond, dans une note en date du 27 avril 2021, avait dénoncé « les recommandations antidémocratiques » de certains congressmen américains pour remplacer Jovenel Moïse au pouvoir par un gouvernement de transition. Toujours dans la note, l’ambassadeur Bocchit Edmond avait déclaré: « Nous nous engageons à organiser des élections crédibles et légitimes selon les normes . Nous savons ce qui est en jeu. Si les élections ne sont pas organisées cette année, et une transition pacifique du président Moise à son successeur n’est pas réalisée en février 2022, l'alternative est dangereuse pour la démocratie haïtienne ».
Par Fenel Pélissier
- Log in to post comments


