Professeur, avocat militant au bareau de Port-de-Paix, militant politique, Andalasse Mertilus est cet homme qui avec son verbe incisif, arguments légaux et historiques a fait échec à la conférence-débat sur le référendum constitutionnel que devait organiser une délégation du CEP emmenée par la conseillère Nadia Jules Amedée. Il a fallu seulement 10 minutes à cet homme d'une éloquence remarquable pour changer la donne.
L’assistance était suspendue aux lèvres de Andalasse Mertilus. La conseillère Nadia Jules Amédée restée pantoise. La vidéo montrant le militant politique entrain d'asséner des coups de boutoir au projet de référendum de Jovenel Moïse comme une traînée de poudre a enflammé la toile.
Des habitants de Jean Rabel, commune du département du Nord'Ouest - considéré comme région acquise au pouvoir - disent non au projet de référendum de Jovenel Moïse. La conseillère Nadia Jules Amédée a buté sur un groupe de citoyens visiblement hostiles au projet de changer la constitution par voie référendaire.
Pour Andalasse Mertilus, c'est inpensable de souiller la mémoire de l'ancien sénateur Émile Jonassaint, fils du département, qui faisait office de président de l'Assemblée constituante de 1987 dont l'article 284-3 interdit de la changer par voie référemdaire.
«Vous étes à Jean Rabel, vous êtes dans le Nord-ouest, cité d’Émile Jonassaint, le père fondateur de la nouvelle république, celui qui a présidé l'Assemblée constituante de 1986. Ici vous êtes dans la cité de Capois Lamort. Jean Rabel est le pivot géographique de la liberté des Nègres dans toute la planète. Jean-Rabel n'est pas en mesure d'accepter une telle bétise », continue-t-il de dénoncer. En son article 284-3, le référendum est formellement interdit, a fulminé l'avocat militant sous de chauds applaudissements.
Et de poursuivre: « en ma qualité d'avocat au bareau de Port-de-Paix, en ma qualité d'enseignant, en ma qualité de normalien supérieur, en ma qualité de Jean Rabélien, en ma qualité d'homme responsable et citoyen, au nom de l'article 134-2 qui consacre la fin de mandat de Jovenel Moïse, je vous somme de laisser la maintenant la ville de Jean Rabel avec cette bêtise de référendum constititionnel, partez! », lance Andalasse Mertilus déterminé avant de leur accorder 21 minutes pour quitter la salle, symbole, des 21 coups de canons de Capois La Mort.
« Nous ne pouvons pas laisser à ces gens de jeter les bases du referendum dans notre département », déclare-t-il.
Il s'en est par ailleurs directement pris aux membres du CEP dont la conseillère Nadia Jules Amédée.
« Le CEP n'a pas prêté serment devant la Cour de cassation, comme cela, sa représentante, Nadia Jules Amédée n'a le droit d’initier aucune activité au nom de la Constitution », soutient le normalien.
Joint au téléphone par notre rédaction pour expliquer son comportement, le professeur Andalasse et militant politique de l'opposition, s'est déclaré fier de faire échec à ce qu'il qualifie de « bétise de référendum dans sa ville ». Il croit avoir donné le ton dans cette bataille et que d'autres regions du pays devraient le suivre. Me Mertilus confirme l'annulation d'autres conférences du genre prevues à Port-de-Paix et à Saint-Louis du Nord pour sensibiliser la population autour du référendum.
« On a tracé l'exemple aujourd'hui », s'enorgueillit Me Mertilus qui, malgré la présence policière dans les enceintes du bâtiment, est parvenu à faire annuler la rencontre.
D'un autre côté, le normalien et l'avocat-militant, informe que la tenue de ce référendum n'est pas possible dans son département et ne devrait pas l'être dans tout le pays. « Tout le monde dans ce département évite d'ailleurs de louer sa maison au CEP pour organiser ledit référendum. Personne ne veut perdre sa maison », confie-t-il dans la foulée.
Sur les réseaux, la plupart des internautes dont des opposants politiques ne cachent pas leur admiration pour le natif du Nord-Ouest qui a tout fait pour boycoter la tenue de cette conférence-débat sur le projet de référendum à Jean Rabel.
Entre temps, le pouvoir se mobilise et persiste à vouloir changer la constitution par voie référendaire le 27 Juin. A l'occasion de l'inauguration du barrage Marion, le président Jovenel Moïse a réitéré une nouvelle fois sa détermination de doter le pays d'une nouvelle constitution.
Par Michel Césaire
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