Dans une interview accordée à la voix de l’Amérique, l’ambassadeur d’Haïti aux États -Unis d’Amérique Bocchit Edmond a annoncé qu’une délégation de l’organisation des Etats américains se préparait à rentrer dans le pays conformément aux velléités affichées par le gouvernement haïtien et à la résolution du conseil permanent de l’OEA. L’ancien ministre des affaires étrangères Bocchit Edmond voit dans cette visite une opportunité ultime qui se présente afin que les différents protagonistes de la crise puissent enfin se mettre à table afin de trouver une issue heureuse à la crise.
Le 17 mars 2021, le conseil permanent de l’OEA a pris une résolution à l’issue d’une rencontre devant statuer sur le cas d’Haïti. Dans cette résolution, le conseil permanent a reconnu l’ampleur de la crise qui sévit dans le pays et a demandé à l’OEA d’offrir ses bons offices pour faciliter le dialogue entre les parties prenantes tout en tenant compte de l’avis du gouvernement haïtien. Dans ce contexte, le 28 avril 2021, le premier ministre a.i Dr Claude Joseph a sollicité officiellement de Luis Almagro (Secrétaire général de l’OEA) une mission de l’OEA en Haïti.
« J'ai l'honneur de me référer à la Résolution CP/RES.1168(2315/20) du 17 mars 2021 du Conseil permanent de l'Organisation des États américains (OEA) pour vous informer que le gouvernement de la République d'Haïti est disposé à accueillir une mission de l'OEA en appui au dialogue en cours avec tous les acteurs de la vie nationale en vue de la conclusion d'un accord politique susceptible de faciliter l'organisation du référendum constitutionnel et des élections à tous les niveaux au cours de l'année 2021 suivant le calendrier établi à cette fin », pouvait-on lire dans la correspondance adressée à Luis Almagro.
Quelques jours après cette correspondance, l’ambassadeur d’Haïti aux États-Unis d’Amérique qui est en même temps le représentant provisoire d’Haïti à l’organisation des Etats Américains Bocchit Edmond a confirmé la venue imminente d’une délégation de l’OEA en Haïti. « C’est une résolution qui a été prise en conseil permanent de l’OEA votée le 17 mars 2021 où le conseil permanent de l’OEA a souhaité offrir ses bons offices aux différents acteurs de la crise politique en Haïti. Comme l’OEA travaille en étroite collaboration avec les gouvernements, elle a souhaité que le gouvernement leur soit invitée, ce qui a été fait en référence à la lettre du premier ministre adressée à Luis Almagro », explique le représentant a.i d’Haïti à l’OEA Bocchit Edmond.
« C’est l’ultime opportunité de se mettre à table »
Selon le diplomate, cette délégation doit rentrer en Haïti incessamment pour rencontrer non seulement avec les acteurs gouvernementaux, mais aussi ceux de la société civile et bien d’autres encore. « Il est temps de nous mettre à table pour discuter », indique Mr Edmond soulignant que l’obligation de se mettre à table se fait sentir. « J’espère que les acteurs et tous ceux de la politique prendront conscience qu’il est nécessaire de dialoguer », souhaite l’ex chancelier. Ce dernier reconnaît que dans toute société, il est difficile de se mettre tous d’accord sur une chose. Toutefois, il croit mordicus qu’il y a des gens qui savent que le dialogue est le véritable remède pouvant mettre fin à cette crise.
« Haïti est pour nous ; nous sommes haïtiens », clame l’ambassadeur Edmond reconnaissant que « nous pouvons beau ne pas être d’accord sur certains points mais nous pouvons toutefois trouver un terrain d’entente ». « C’est le droit qui est conféré à quelqu’un de ne pas se mettre sur la même table que Jovenel Moise », reconnait le diplomate déclarant néanmoins que « c’est un devoir patriotique de se mettre à table avec quelqu’un à qui vous êtes en désaccord ». « Un désaccord ne devrait pas être un point devant causer une inimitié », signale Mr Edmond.
Plusieurs partis de l’opposition ont proposé de dialoguer avec le président de la République « en vue de lui faciliter un départ ordonné. » Une position rejetée par le secteur démocratique et populaire indiquant qu’il n’y a aucune négociation possible avec Jovenel Moïse. « Par rapport à ce pouvoir, nous sommes dans le ni ni ; Ni négociation, ni cohabitation avec Jovenel Moise », avait martelé André Michel rappelant que « tous les secteurs de la vie nationale ont intronisé le Juge Joseph Mécène Louis pour diriger la transition.
Par : Daniel Zéphyr
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