Dans une note parue le 28 avril 2021, l'ambassadeur d'Haïti aux États-unis, Bocchit Edmond dit « regretter les recommandations politiques antidémocratiques venant du président Grégory Meeks faites au secrétaire d'État Antony Blinken ». Le diplomate affirme que « le président Jovenel Moïse s'engage à la tenue des élections dans le pays en vue de permette une transition démocratique en février 2022 ».
L'ambassadeur Bocchit Edmond rapporte que l'administration Moïse est « gravement préoccupée par le fait que certains membres du congrès américains appellent à un changement de régime pour remplacer le président démocratiquement élu de la République d'Haïti, ce qui est contraire à la Charte démocratique interaméricaine ». Il indique « le président Jovenel Moise s'est engagé en faveur d'élections et d'une transition démocratique du pouvoir en février 2022 ».
Suite à la lettre, datée du 26 avril, des représentants de New York au congrès, Grégory Meeks et Hakeem Jefferies, adressée au secrétaire d'État Antony Blinken, l'ambassadeur Edmond déclare que « (ces messieurs fragilisent) les processus démocratiques du pays et contredisent la position des Nations Unies et de l'Organisation des États américains (OEA) et d'autres partenaires internationaux sur les élections à venir en Haïti ». Il rappelle qu’ « en coordination avec les institutions internationales, le gouvernement haïtien avait annoncé les dates du référendum constitutionnel, des élections parlementaires et présidentielles:
27 juin 2021: Référendum sur la nouvelle Constitution
19 septembre 2021: Premier tour des élections présidentielles et législatives
21 novembre 2021: Deuxième tour des élections présidentielles, parlementaires et locales
22 janvier 2022: Résultats finals des élections ».
En effet, « le gouvernement haïtien a travaillé avec les amis et alliés du pays, y compris l'Organisation des États américains (OEA) et les Nations Unies, pour assurer la réalisation des élections libres, justes, transparentes et inclusives en Haïti », rappelle l’ex-ministre des affaires étrangères avant d'avancer qu' « un exemple de ceci est la détermination et (l'avancement) du processus en cours pour délivrer pour la première fois des cartes d'inscription d'électeur à tous les électeurs haïtiens vivant en Haïti ainsi qu'à l'étranger ».
L'ambassadeur d'Haïti aux États-unis, qui dénonce le comportement de Grégory Meeks et Hakeem Jefferies, pour montrer que les élections et le référendum sont possibles indique que le 28 mars 2021, environ 4.5 million de citoyens haïtiens ont été enregistrés. Il fait part du coup de « l'engagement continu du président Moise à parvenir à un consensus pour un gouvernement d'unité nationale ».
Comme ministre Mathias Pierre, Bocchit Edmond fait également mention de la mise en place d'un fonds commun pour assurer le succès des prochaines élections. Ce fonds géré conjointement par le gouvernement et les Nations Unies « compte un financement initial de 20 millions de dollars déposés uniquement par l'État haïtien ».
Pour l’ancien ambassadeur d’Haïti à Londres « les commentaires contradictoires et perturbateurs et les recommandations de politique étrangère mises en évidence dans la lettre de deux membres du congrès sont un danger au processus démocratique en cours au lieu de renforcer nos institutions et qui pourraient créer une plus grande instabilité et perturber le processus électoral dans le pays ».
« Nous devons avertir que si ces recommandations étaient appliquées, en partie ou en totalité, elles entraîneraient directement à la constitution d’un gouvernement de transition et retarderaient les élections dans le pays », indique M. Edmond qui explique qu' « il n’existe aucune base juridique pour ces recommandations non démocratiques ». La recommandation d'un gouvernement de transition, selon l'ex chancelier haïtien, se traduirait par « la décision par décret sans contrôle parlementaire et le report des élections présidentielles et parlementaires de plusieurs années ».
« Nous sommes déterminés à organiser des élections crédibles et légitimes qui résisteront à un examen international. Nous savons ce qui est en jeu. Sans les élections de 2021 et une transition pacifique du président Moise à son successeur en février 2022, l'alternative est dangereuse pour la démocratie haïtienne », peut-on lire dans la note de l'ambassade d'Haïti aux États-unis.
Bocchit Edmond croit que l'administration Moïse est sur le point de « mettre Haïti sur la voie de la stabilité politique et économique grâce au processus électoral - et devons le mener à bien. Ce changement positif doit venir des haïtiens aux urnes comme cela est pratiqué dans toutes les sociétés démocratiques ».
« Comme l'a récemment déclaré le président américain Joe Biden dans ses remarques à la conférence de Munich sur la sécurité: La démocratie ne se fait pas par accident. Nous devons la défendre, lutter pour elle, la renforcer et la renouveler », conclut la note de l’ambassade d’Haïti à Washington sur les mots de Joe Biden.
Ces dernières semaines ne sont pas de tout repose pour l’administration actuelle.
Il y a d'une part des « congressmen » qui réclament le départ de Jovenel Moïse, et l’installation d’une transition et d'autre part des acteurs importants de l’international ( BINUH, Core Group) qui se désolidarisent ouvertement du référendum. Selon elles, « le processus n'est pas suffisamment inclusif, participatif ou transparent ».
Par Juhakenson Blaise
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