Dans une résolution prise le lundi 26 avril 2021, des organisations politiques de l’opposition, telles : les forces nationales pour la démocratie, l’entente nationale pour une transition de rupture, En Avant, le Mouvement pour la transformation et la valorisation d'Haïti (MTVAyiti) disent prendre acte des différentes résolutions prises par des organismes internationaux comme l’OEA, le conseil de sécurité de l’ONU et le secrétariat général de la francophonie. S’appuyant sur ces différentes positions, elles croient qu’un accord politique avec le « départ ordonné » de Jovenel Moïse est possible entre les protagonistes de la crise.
À la suite d’une signature de déclaration conjointe, l’ancien député Jerry Tardieu de (EN Avant), l’ancien sénateur Steven Irvenson Benoit de « Accord national pour une transition de rupture », l’ancien député Antoine Rodon Bien – Aimé ( Forces nationales pour la démocratie) (FND), le Dr Pierre Reginald Boulos du « Mouvement pour la transformation et la valorisation d'Haïti ( MTVAyiti) », l’ancien député Joseph Manès Louis de « l’Opérasyon tèt ansanm » plaident pour un accord incluant le « départ ordonné »de Jovenel Moïse. Après avoir évoqué les positions des acteurs de la communauté internationale impliqués dans la crise haïtienne, ces leaders politiques avancent plusieurs faits qui, selon eux, montrent clairement que l’international est conscient des graves dangers qui planent sur Haïti.
« La résolution 1168 du Conseil permanent de l'OEA, qui note à juste titre les violations de la Constitution, le défaut de tenir des élections régulières aux décrets, les violations systématiques des droits de l'homme et la détérioration accélérée de la sécurité environnement qui a plongé la société haïtienne dans l'angoisse et la peur. Par cette résolution, le Conseil permanent de l'OEA a proposé ses bons offices en vue de normaliser la démocratie institutionnelle (article 20 de la Charte démocratique interaméricaine) », évoquent ces organisations politiques dénonçant que « le Secrétaire général de l'OEA n'a jamais suivi les instructions du Conseil permanent ». Pour corroborer leurs affirmations, les organisations politiques avancent qu’à ce jour, « l'opposition haïtienne n'a pas été informée ni contactée par cette organisation hémisphérique pour confirmer qu’elle serait prête à participer dans un effort de médiation pour mettre fin à la crise ».
Dans cette déclaration conjointe, elles citent la prise de parole du président du Conseil de sécurité des Nations unies du 24 mars 2021, relatant, entre autres, « l'inquiétude du Conseil face aux crises prolongées en Haïti ». De plus, elles mentionnent la Déclaration du Haut Représentant de l'Union européenne Josep Borrell estimant qu'en période de vide institutionnel, le processus de modification de la Constitution par référendum doit être inclusif et débattu en profondeur avec l'opposition et la société civile. Ce qui, vraisemblablement, n’est pas en adéquation avec les velléités du pouvoir en place.
De surcroît, elles rapportent la déclaration de la Secrétaire générale de la Francophonie, Mme Louise Mushikiwabo, constatant la détérioration de la situation sécuritaire du pays et notent la position du "Core Group" exprimant sa préoccupation face au fait que le processus de modification de la Constitution n'est pas suffisamment inclusif, participatif ou transparent ».
Ces organisations politiques de l’opposition croient que ces positions sont en phase avec celles exprimées depuis plusieurs mois par tous les secteurs vitaux de la vie nationale qui estiment que la population est à bout de souffle.
Toutefois, les signataires déclarent qu'il est encore possible de trouver un accord politique inclusif entre les protagonistes de la crise qui qui comprend nécessairement « le départ ordonné de M. Jovenel Moïse dont le mandat a pris fin le 7 février 2021 (selon les articles 134-2, 134-3 de la Constitution et l'article 239 du décret électoral du 2 mars 2015), la mise en place d'un gouvernement d'union nationale et l'organisation des élections honnêtes, transparentes et crédibles dans un délai techniquement possible et un climat de sécurité rétabli ».
Par : Daniel Zéphyr
- Log in to post comments


