25 février 2025, un an s’est déjà écoulé depuis qu’Ariel Henry a quitté Haïti pour une mission officielle, sans jamais pouvoir y retourner. Lâché par l’international et forcé à l’exil sous la pression des gangs, l’ex premier ministre haïtien a laissé derrière lui un État effondré avec une multiplication de « territoires perdus » à travers le pays.
Ariel Henry quittait Haïti pour une tournée qui devait le mener au Guyana, le 25 février 2024, pour participer à un sommet de la CARICOM, puis au Kenya, où il avait prévu de rencontrer le président kényan William Ruto le 29 février. Au cœur des discussions, la mise en place de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMS) en Haïti, une force censée aider à rétablir l’ordre face aux violences des gangs. Mais ce voyage allait marquer le début d’un exil inattendu.
La coalition de gangs « Viv Ansanm » déclenchait une offensive sans précédent le 29 février, le jour même, s’attaquant notamment à l’aéroport international Toussaint Louverture. Cet assaut a paralysé tout trafic aérien à Port-au-Prince, puis dans l’ensemble du pays, empêchant ainsi le retour du Premier ministre.
A la même date, des attaques armées ont ciblé l'hôpital général, qui à ce jour est réduit en cendre après maintes tentatives de sa réouverture.
Dans l’impasse, Ariel Henry a transité par plusieurs pays, cherchant un moyen de retrouver son poste. Même la République dominicaine lui a refusé l’entrée sur son territoire. Son avion a été dérouté vers Porto-Rico où il s’est rendu compte que son sort était définitivement scellé. Après un séjour sur ce territoire, il s'est réfugié aux États-Unis depuis.
Son intérim malgré assuré par son ministre de l’Économie et des Finances, Patrick Boisvert n'a pas pu être gardé pour tout le temps.
Finalement, sous l’égide de la CARICOM et face à la pression de divers acteurs nationaux et internationaux, un Conseil présidentiel ( CPT) de neuf membres a été mis en place pour assurer la transition du pouvoir.
Excellent neurologue, Dr Ariel Henri est chassé du pays de sa fonction de premier ministre, où il dirigeait avec un exécutif monocéphal depuis la mort du président Jovenel Moïse, assassiné le 7 février 2021.
Pas de réalisations concrètement positives à son actif. Des voyages sans véritables retombées. La majeure partie de la capitale est tombée sous le contrôle des bandits durant son administration.
Les gangs continuent de s'emparer d'autres territoires établissant une emprise quasi totale sur la capitale. Ils tuent. Ils violent, à longueur de journée.
Et en cette même date marquant son départ, des massacres sont opérés à Tabarre, à Delmas 30 laissant pour mort plus d'une dizaine de personnes. Haïti de nouveaux « territoires perdus ».
Aujourd’hui, un classement publié par le Conseil citoyen pour la sécurité publique et la justice pénale basé au Mexique place Port-au-Prince en tête des villes la plus violente au monde en 2024, « avec un taux de 139,3 homicides pour 100 000 habitants ». Libération, dans son article sur le sujet, a toutefois souligné qu’il s’agit d’un organisme « orienté à droite ».
Wideberlin SENEXANT
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