En visite officielle en France, le président du conseil présidentiel, Leslie Voltaire a été reçu ce mercredi 29 janvier 2025 à l'Elysée par son homologue français Emmanuel Macron. A l'issue de cette rencontre, Leslie Voltaire qui informe que la question de la dette de l'indépendance a été abordée dit avoir appelé la France à instruire les jeunes écoliers et étudiants français sur les méfaits de l'esclavage et de ses conséquences sur le devenir d'Haïti
À l’occasion d’une interview accordée à TV5 Monde ce mercredi 29 janvier 2025, tout de suite après sa rencontre avec le président Emmanuel Macron à L’Elysée, Leslie Voltaire, président du Conseil de transition de la République d’Haïti, a affirmé que le président français compte faire une annonce en avril 2025 à propos de la dette de l’indépendance imposée à Haïti par la France en 1825.
En 1825, la France avait exigé d’Haïti, première république noire indépendante, le paiement d’une indemnité en échange de la reconnaissance de son indépendance. Cette somme a plongé le pays dans un endettement massif, freinant son développement économique et social pendant des décennies. Pour Leslie Voltaire, cette dette, souvent qualifiée de "rançon", a eu des répercussions profondes et durables sur Haïti.
Leslie Voltaire précise que ce sujet a été évoqué par Emmanuel Macron lors de l’entretien. « Le président Macron a évoqué la dette, que nous appelons la rançon et la réparation. Le 17 avril, le président Macron a dit qu’il va annoncer quelque chose », a affirmé Leslie Voltaire lors d’une interview avec TV5 Monde ce mercredi, juste après avoir été reçu a l’Elysée par le français. « Une reconnaissance », lui a demandé le journaliste. Et Voltaire de répondre: « Probablement ».
Au-delà de la reconnaissance, Leslie Voltaire a insisté sur la nécessité d’une réparation éducative. « Il faudrait que dans les livres d’histoire, les Français, les élèves, les étudiants, la population sachent que la France a eu à établir un système esclavagiste en Haïti aux 17e et 18e siècles, et que ce système a des séquelles sur Haïti », a-t-il expliqué.
Il a également rappelé que le Code noir, institué par la monarchie française, avait classé les Haïtiens en plusieurs catégories raciales, dont les effets se font encore sentir aujourd’hui.
Pour Voltaire, cette reconnaissance doit s’accompagner d’une prise de conscience internationale des injustices historiques subies par Haïti. Il a également salué l’initiative du pape François, qu’il a rencontré récemment, pour organiser une conférence internationale de solidarité avec Haïti sous l’égide du Vatican.
Selon Leslie Voltaire, le pays est également confronté à une instabilité politique persistante, marquée par l’assassinat du président Jovenel Moïseen 2021 et la montée en puissance des gangs armés. Malgré l’envoi récent de forces multinationales, notamment kenyanes, pour rétablir l’ordre, Voltaire a reconnu que l’aide internationale restait insuffisante. « On nous avait promis 2500 hommes, et nous n’en avons qu’un tiers »,
a-t-il déploré, tout en saluant l’engagement des États-Unis à financer cette mission.
Le 1er janvier 2025, le président du Conseil présidentiel de transition, Leslie Voltaire, avait de nouveau réclamé à la France le remboursement de la somme que lui avait versée Haïti pour compenser la perte territoriale entraînée par l'indépendance du pays, le 1er janvier 1804.
« Cette injustice inqualifiable constitue une meurtrissure qui ne cesse de hanter notre mémoire. Et malheureusement, le paiement de ces rançons a contribué à compromettre de manière significative les perspectives de développement de la jeune nation. Par conséquent, nous devons envoyer un message clair aux différents peuples de la planète. Haïti réclame la restitution de cette rançon et la réparation des torts causés par l'esclavage, reconnu depuis des années comme un crime contre l'humanité. En d'autres termes, ce n'est pas une simple revendication, mais une nécessité pour que notre nation puisse retrouver la voie de la prospérité et du respect », avait affirmé Leslie Voltaire.
La question de la dette de l'indépendance a été agitée pour la première fois en Haïti par Jean Bertrand Aristide alors président de la république. Ce fut un 7 avril 2023, date marquant les deux cents ans de l'assassinat de Toussaint Louverture. Il allait être chassé du pouvoir en raison de cette demande considérée comme une menace pour la France, ancien pays exclavagiste. La célébration du 200ème anniversaire du pays le 1er janvier 2004 avait été boycotté par la classe politique, l'université, la plupart des médias, artistes et intellctuels. Sur la Tribune des Nations-Unis, pour la première fois après le renversement, Edgard Leblanc premier président du CPT dans le cadre de la présidence tournante avait repris cette demande de restitution.
En attendant, Haïti continue de lutter pour surmonter ses défis, avec l’espoir que cette reconnaissance historique apportera un soutien moral et matériel indispensable à sa reconstruction.
Par: Daniel Zéphyr
- Log in to post comments


