Le gouvernement haïtien a enclenché le processus devant déboucher sur la mise en place d'un conseil électoral provisoire dans l’objectif de paver la voie à la réalisation des prochaines joutes électorales. Des correspondances ont été acheminées à des secteurs dont l’association nationale des médias haïtiens.
Alors que l’insécurité bat son plein dans la région métropolitaine et des villes de province, le gouvernement met le cap sur la mise en place du conseil électoral provisoire. L’association nationale des médias haïtiens (ANMH) est l’un des premiers secteurs à avoir reçu une correspondance du directeur de cabinet du Premier Ministre Samuel Henry Saturne.
« Dans le souci d'engager une démarche inclusive rassemblant le plus de compatriotes possible pour une solution durable à la crise que connaît notre pays, le gouvernement avait choisi de ne pas publier les noms des membres du Conseil Électoral Provisoire (CEP) proposés par les secteurs conformément aux dispositions de l'Accord du 11 septembre 2021. A la grande satisfaction d'une forte majorité, le 21 décembre 2022, un nouveau consensus plus large a été trouvé. Ce document en son article 16, modifie sensiblement la procédure de désignation des personnalités appelées à servir à ce niveau », peut-on lire dans l’introduction de cette correspondance adressée à l’intention de Jacques Sampeur,
Président de l’ANMH.
« Il s'agit maintenant pour le gouvernement de soumettre au Haut Conseil de la Transition (HCT) vingt (20) noms de personnalités issues de structures représentatives de la société haïtienne de l'intérieur et de la diaspora parmi lesquels le choix des neuf (9) membres sera effectué. Pour ce faire, le Premier Ministre m'a demandé de retourner vers vous, dans la continuité de notre collaboration en vous demandant de proposer une seconde personne », poursuit la correspondance.
M. Saturne indique que le choix de l’association nationale des médias haïtiens doit être porté sur un Haïtien résidant dans le pays. Il doit jouir d'une excellente réputation et n'avoir jamais été condamné à une peine afflictive ou infamante; avoir un niveau universitaire; justifier d'une dizaine d'années d'expérience professionnelle; avoir une formation juridique ou administrative; ou une bonne connaissance des questions électorales.
Le nom de la personnalité désignée en concertation avec l’AMIH doit être communiqué au Bureau du Premier Ministre, au plus tard le 17 avril 2023, selon la correspondance.
Dans une entrevue accordée à la rédaction mercredi, le Président Jacques Sampeur indique que l’ANMH n’a pas la tête pour l’instant à cette question en raison de l’enlèvement de son vice-président Robert Denis mardi dernier sur la route de frères. « Comment parler d’élections et de CEP alors qu’on s’introduit chez des gens et on les kidnappe? », se demande Sampeur dans cette interview.
Cette démarche enclenchée par le premier ministre a été bien accueilli par ses alliés. C’est le cas de Me André Michel qui a exprimé son satisfecit tout en faisant des recommandations. « Au moment où le Premier Ministre Ariel Henry relance le processus de mise en place du CEP, le SDP tient à rappeler au Gouvernement et au HCT qu'il est nécessaire que la Diaspora soit représentée au CEP. Le temps est venu de donner à la diaspora sa place dans la construction du pays, chacun à sa place, la diaspora à sa place », écrit-il mercredi sur Twitter.
Dans un éditorial en date du mercredi 13 avril 2023, le PDG de Gazette Haiti News Volcy Assad a appelé la presse haitienne dont l'ANMH à prendre ses distances avec le processus de mise en place du CEP en cours. « La presse doit être toujours le thermomètre, jamais la maladie. La presse ne doit intégrer aucun CEP, notre rôle est de suivre la mise en place de cette institution, son travail et le type d'élections qu’il compte organiser. Sinon on fera partie du problème et continuera à perdre notre crédibilité. Laissons la place à un autre secteur », a-t-il déclaré.
Par: Daniel Zéphyr
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