À travers un communiqué de presse rendu public le vendredi 26 août 2022, le regroupement patronal haïtien a dénoncé la gravité de la situation socio-politique et économique du pays, estimant que celui-ci ne peut plus être pris en otage par des intérêts politiques partisans . Dans la foulée, il invite la classe politique à trouver un consensus pour rétablir la sécurité et l’ordre constitutionnel.
Les patrons haïtiens finalement sort n’y de leur mutisme. Le regroupement patronal haïtien, dans un communiqué de presse poignant, n’est pas allé de main morte pour fustiger le comportement des protagonistes de la crise qui, selon lui, n’ont pas assez fait pour mettre un terminus à la crise.
Tout en rappelant « qu’aucune des parties en conflit n’a la légalité ni la légitimité requise pour faire prévaloir sa thèse », les hommes et femmes d’affaires soulignent dans leur note que « le pays ne peut plus être pris en otage par des intérêts politiques partisans. Ils invitent les protagonistes de la crise à trouver un consensus autour de deux thèmes fondamentaux :
“1) la lutte contre la terreur que sèment les bandes armées et le rétablissement de la sécurité des vies et des biens dans le pays. 2) le retour à l’ordre constitutionnel suite à la mise en place de structures garantissant un processus électoral crédible et acceptable pour tous les partis, dont la condition sine qua non est un terrain nivelé afin que tous les candidats aux postes électifs à tous les niveaux aient les mêmes chances », explique-t-il.
Appel à tous les secteurs
Jugeant grave la situation actuelle du pays, le regroupement patronal haïtien a lancé des appels à toutes les forces vives de la nation en vue d’ôter le pays du bourbier dans lequel il patauge. “Nous devons tous être conscients que la faillite actuelle est collective et que le redressement passe par un engagement de tous”, estime-t-il.
« Il serait important que tous les citoyens qui se retrouvent dans ce cri d'alarme adhérent à cette démarche en dénonçant l'immobilisme inacceptable dans lequel se complaisent aujourd'hui les acteurs politiques, lequel immobilisme contribue à l'aggravation de l'insécurité », écrivent les patrons.
Leur premier appel est aux femmes et hommes d’affaires « de notre pays relatif au respect scrupuleux de leurs responsabilités fiscales et légales, de l'observance de saines pratiques commerciales, de transparence et de concurrence loyale et à l'abandon de comportements malsains, préjudiciables à la collectivités ».
En second lieu, il s’adresse aux gouvernants. « Il est vital et urgent que les autorités fiscales s’acquittent, de façon célère et efficace, de leur responsabilité de collecte des droits de douane et impôts et du devoir de faire respecter les lois et règlements établis. La mobilisation significative de ressources financières, qui devrait normalement en découler, se fera en bonne part au profit de la Police nationale d’Haïti (PNH). Ainsi elle sera en situation morale et matérielle de remplir plus efficacement son rôle de maintien de l’ordre et d’éradiquer la gangstérisation croissante du pays, qui affecte la libre circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire, et, au premier chef, les couches les plus défavorisées de la population tout en étant un des facteurs d’appauvrissement de notre classe moyenne ».
Le regroupement patronal haïtien lance aussi un troisième appel patriotique et pressant « aux protagonistes politiques, afin de se transcender en consentant chacun et chacune les sacrifices qui s’imposent pour se mettre d’accord sur une solution équitable et transparente à l’impasse politique actuelle ».
De surcroît, les signataires du communiqué de presse rappellent « aux protagonistes économiques et politiques de notre pays leurs impérieuses obligations de privilégier l’intérêt national et de mettre fin à leurs tergiversations ».
René-Max Auguste, Edouard Baussan, Pierre-Marie Boisson, Gérald Bouguignon, Stephan Coles, Eddy Deed, Yonel Elizée, Raina Forbin, Peter Frisch, Geoffrey Handal, Jean-Marc Lebrun, Harold Marzouka Jr, Laurent Saint Cyr, Jaïr Saint Louis, Mathieu Villedrouin, Jacques Villejoint, Ralph Edmond, Raymond Jaar, Georges Cassis et Marc Emile Echema ont signé cette note conjointe, datée du 23 août mais rendue publique ce 26 août.
Par: Daniel Zéphyr
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