PubGazetteHaiti202005

Produire le savoir pour transformer Haïti : BRH lance la 2ᵉ édition de ses Journées scientifiques

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À l’occasion du lancement de la 2ᵉ édition des Journées scientifiques du Fonds de la Banque de la République d’Haïti pour la Recherche et le Développement (FRD-BRH), responsables publics, universitaires et acteurs du monde scientifique appellent à renforcer la production et l’utilisation des connaissances pour mieux répondre aux défis auxquels le pays est confronté. La BRH, à travers le FRD-BRH, a officiellement lancé, ce jeudi 23 juillet 2026, cette nouvelle édition lors d’une cérémonie organisée à Petion ville, autour du thème : « La recherche au service du développement : optimiser la production et l’utilisation des connaissances scientifiques ». Prévue sur deux jours, l’initiative réunit des représentants de l’État, du secteur universitaire et de plusieurs institutions engagées dans la recherche et le développement, avec pour objectif de favoriser le dialogue et de renforcer le rôle de la science dans la transformation d’Haiti.


La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, du gouverneur de la BRH Ronald Gabriel, du recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Dr Dieuseul Prédélus, du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Demero, ainsi que du ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin. Plusieurs représentants d’institutions publiques et du secteur universitaire ont également participé à cette rencontre consacrée au rôle de la science dans le développement d’Haïti.

Dans son discours d’ouverture, le gouverneur de la BRH, Ronald Gabriel, a souligné l’importance de la recherche pour la souveraineté du pays. Il estime qu’Haïti doit développer ses propres connaissances afin de trouver des solutions adaptées à ses réalités et de réduire sa dépendance des modèles conçus à l’étranger.

 

Bien que la stabilité économique et financière demeure au cœur du mandat de la banque centrale, Ronald Gabriel a souligné que cette stabilité ne peut être dissociée des efforts en faveur de l’innovation et de la productivité. Dans cette perspective, le FRD-BRH accompagne des travaux de recherche portant sur plusieurs secteurs jugés prioritaires pour le pays. L’agriculture intelligente, la gestion durable des déchets, la médecine traditionnelle, les technologies financières, les paiements mobiles et l’adaptation aux changements climatiques figurent notamment parmi les domaines soutenus.

De son côté, le recteur de l’UEH, Dr Dieuseul Prédélus, a placé la production du savoir haïtien au centre de son intervention. Il a plaidé pour une rupture avec certains modèles hérités du passé et appelé à faire de la recherche produite en Haïti, par des chercheurs haïtiens et au service des besoins du pays, une véritable priorité nationale. Dans le même esprit, il a réaffirmé la disponibilité de l’Université d’État d’Haïti à renforcer ses collaborations avec les institutions publiques et le secteur privé, notamment en facilitant l’accès aux laboratoires et en développant des partenariats autour de projets scientifiques.

Le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Demero, a pour sa part insisté sur la nécessité de placer les données scientifiques au cœur de la décision publique. Il a appelé les responsables politiques à privilégier les décisions fondées sur des résultats de recherche et des données vérifiables, plutôt que de s’appuyer uniquement sur l’expérience ou l’intuition. Il a également annoncé la volonté de renforcer les cycles de formation doctorale afin de mieux orienter la recherche vers les besoins futurs du pays et ses priorités nationales.

L’intervention du ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, a permis de replacer les discussions dans le contexte économique actuel. Il a évoqué les difficultés auxquelles l’économie haïtienne est confrontée, notamment la contraction du produit intérieur brut au cours des dernières années, une inflation qui demeure proche de 20 % et les conséquences des crises sécuritaires et des chocs externes. Face à cette situation, il a défendu la nécessité de diversifier et de décentraliser les activités économiques afin de ne pas concentrer les efforts de relance dans le seul département de l’Ouest.

Cette approche, selon le ministre, doit permettre de mieux exploiter les potentialités des différentes régions du pays et de créer les conditions nécessaires à une reprise économique plus équilibrée. Il a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner les chercheurs qui bénéficient des programmes de financement consacrés à la recherche et au développement.

Prenant la parole à son tour, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présenté la recherche scientifique, l’innovation et l’excellence comme des instruments essentiels pour construire un avenir plus solide. Il a salué l’initiative de la BRH et son soutien à la production de connaissances, estimant que le développement du capital humain doit occuper une place centrale dans la reconstruction du pays.

Toutefois, le chef du gouvernement a rappelé que les ambitions de développement restent étroitement liées à la situation sécuritaire. Il a ainsi réaffirmé la détermination de son gouvernement à rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Pour lui, le retour à un climat de sécurité est une condition indispensable à la reprise économique, au développement durable et à la création d’un environnement favorable à la recherche et à l’innovation.

Au-delà des discours, ces Journées scientifiques entendent ainsi ouvrir un espace de dialogue entre chercheurs, institutions publiques et acteurs économiques. Pendant deux jours, les participants sont appelés à réfléchir à la manière dont les connaissances produites peuvent être mieux valorisées et transformées en politiques publiques et en solutions concrètes.

Pour Haïti, l’enjeu dépasse donc la seule promotion de la recherche universitaire. Il s’agit également de construire une capacité nationale à produire du savoir, à l’utiliser dans la prise de décision et à l’adapter aux réalités du pays. Dans un contexte marqué par la crise économique, l’insécurité et les défis environnementaux, les organisateurs espèrent que cette deuxième édition contribuera à rapprocher davantage la science des besoins réels de la population.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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