PubGazetteHaiti202005

« Boule yo! »: des personnalités politiques réagissent aux menaces de Moïse Jean Charles et ses partisans d'incendier les banques

@Haiti24.net

Claude Joseph, André Michel, Rénald Lubérice, James Beltis, Edmonde Supplice, sont, entres autres, des personnalités de la classe politique qui ont réagi aux menaces de Moïse Jean Charles d'incendier les banques si elles ne baissent pas le taux du dollar. Des déclarations tenues lors des mouvements de protestations organisés au Cap-Haïtien le lundi 22 août 2022 contre l’insécurité, la cherté de la vie et pour exiger le départ du premier ministre Ariel Heny.

Le lundi 22 août 2022 marquant le 231ème anniversaire de la révolte des esclaves le 22 août 1791 dans le Nord, l'ancien sénateur Moïse Jean Charles était à la tête d'une foule qui manifestait contre la cherté de la vie, l'insécurité, l'inflation et pour faire tomber Ariel Henry. Lors de sa prise de parole, le leader politique a tenu des propos incendiaires à l'encontre du secteur bancaire haïtien qui, selon lui, est responsable du taux élevé du dollar par rapport à la gourde, soit 1 dollar pour 160 la semaine dernière. 

En conséquence, le leader de Pitit Desalin et ses sympathisants ont menacé d'incendier les banques si elles ne font pas baisser le taux du dollar. Moïse Jean Charles scandait le nom des banques et la foule reprenait: « Boule yo ». Des propos vivement critiqués par des personnalités de la classe politique. 

L’ancien premier ministre Claude Joseph est scandalisé par les propos du leader de Pititt Dessalines. 
Claude Joseph, ancien Premier ministre par intérim de Jovenel Moïse et ancien ministre des Affaires étrangères est contre toute idée d’incendier les banques 

« On a besoin de beaucoup plus de banques dans le pays. On ne doit pas incendier celles que l'on a déjà. C'est la règle du jeu qui doit changer. Le système financier ne peut pas être sous le contrôle d'un groupuscule de familles et d'amis. Il faut qu'il y ait une saine concurrence pour que tout Haïtien puisse investir. Nous devons changer le système », a-t-il déclaré

Me André Michel, porte parole d’une des deux branches du secteur démocratique et populaire (SDP) est remonté contre Jean Charles Moïse. Dans un tweet publié quelques heures après la manifestation, il accuse l’ex sénateur de la république de jouer le double jeu. Il est allé jusqu’à le traiter de « démagogue ».

« Pour que le taux baisse, il faut y avoir des investissements pour la création d'emplois. Il faut de la production nationale, l'État doit prendre ses responsabilités. On n'a pas besoin d'incendier les banques. Que va-t-on faire avec ceux qui y travaillent une fois devenus chômeurs ? Le Ministère de l'Intérieur est sous ton contrôle et tu protestes. Trop de démagogie ! Trop de bluff ! », a réagi André Michel contre les déclarations de son ancien camarade de combat de l'opposition. 

Rénald Lubérice, ancien conseiller de Jovenel Moïse, a aussi réagi, dénonçant les propos de Moïse Jean Charles. Il n’y est pas allé de main morte. Lui aussi accuse le leader d Pitit Desalin de faire le double jeu. 

« Cela fait une année que Moïse Jean Charles est au pouvoir avec ses acolytes. Quand Ils sont arrivés, le dollar était à 97 gourdes, ils l'ont mis aujourd’hui à 155 gourdes. Ils ont fait augmenter l'inflation à 30%, fait un cadeau de 550 millions de dollars de remboursement à l'oligarque Dimitri Vorbe. Maintenant il fait semblant d'organiser des manifestations avec l'argent du Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales pour demander d'aller incendier les banques ? C'est ce type qui aspire à être président de la République !? », a-t-il déclaré. 


L'ancienne sénatrice Edmonde Supplice Beauzile, alliée du pouvoir en place, n’allait pas rater cette occasion pour riposter aux attaques de Moïse Jean Charles contre le gouvernement. Pour elle en faisant de telles déclarations, son ancien collègue du sénat pose un acte criminel. 

« Je voudrais dire aux Haïtiens riches qu'ils doivent aider le pays à sortir de cet état. Aucun pays ne se préoccupe de notre sort. Ils nous laisseront nous entretuer. Les banquiers doivent être au service de la population, ils ne peuvent pas être ses ennemis. Comme un leader, je ne peux pas demander d'incendier les banques. C'est un acte criminel à dénoncer », a-t-elle réagi. 


 James Beltis president du Conseil National de Transition de l’Accord Montana lui aussi a été touché par les déclarations de Moïse Jean Charles. « Attention à la diversion!! Les gens ne sont pas sortis pour aller brûler des banques. Ces propos sont très dangereux. Dans plusieurs villes il y avait une population en colère contre Ariel Henry et ses 18 ministres qui prennent en otage l'État sous l'ordre d'une oligarchie mafia qui fait qu'Haïti devienne un enfer pour ses citoyens. Arrêtez !!! », a lancé l'ancien leader du mouvement PetroChallenge. 


24 heures après les propos incendiaires de l’ex candidat à la présidence Moïse Jean Charles, le patronat ou le secteur bancaire n’a toujours pas réagi. Alors que les dénonciations continuent suite aux déclarations du leader de Pitit Desalin, le dollar connait une timide baisse sur le marché, après les vagues de protestations. Entre temps, les protestataires promettent de maintenir la mobilisation jusqu'à ce que le dollar arrive sous la barre de 100 gourdes. 

Le leader de Pitit Dessalines donne rendez-vous dans la capitale haïtienne le 7 septembre prochain dans le cadre de la poursuite de la mobilisation. 


 

Par Michner Alfred

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