Haiti/Crise: Jovenel Moise ne veut pas démissionner et appelle à un accord politique

Submitted by gazettehaiti on Mon, 10/28/2019 - 16:56
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PORT-AU-PRINCE, le 28 Octobre 2019
(www.gazettehaiti.com)


C'est un Jovenel Moise l’air confiant qui a répondu aux questions de Radio Métropole ce lundi. Tout d'abord, le Président Jovenel Moise estime n'être pas si isolé qu'on le pensait.  « Si j'etais aussi seul après 16 mois de lutte avec l'opposition je serais déjà parti », a répondu Jovenel Moise au Journaliste Georges Allins qui essayait de lui faire comprendre que toutes les forces vives du pays ne veulent pas de lui. Toutefois, il n'a pas dévoilé ses soutiens

Dans cette interview pré-enregistrée, le Président de la République n'a pas montré son intention de remettre sa démission comme le réclame la population à travers les 10 Départements et dans la Diaspora. Pour lui, sa démission pourrait provoquer un chaos dans le pays. Il a réitéré son appel au dialogue en vue de trouver un accord politique pour la formation d'un gouvernement dit d'Union Nationale. Jovenel Moise dit par ailleurs vouloir faire partie de la solution à la crise qui doit être, selon lui, inclusive. « Une solution qui impliquerait l'opposition dite radicale, l'opposition modérée, le PHTK et les partis alliés et la socitété Civile. Sinon, on refera les mêmes expériences », a-t-il expliqué aux Journalistes de Métropole. Comme l'opposition, Jovenel Moise prône une dernière transition.

Le Président qui fait face a une contestation quasi-générale et qui s'est accentuée depuis environs 2 mois a une fois de plus mis l'accent sur sa volonté de réformer l'Etat pour en finir avec le système. A une question relative à la non-gouvernance du pays depuis quelques temps, il affirme travailler sur un ensemble de dossier qui devront changer les choses en profondeur. Jovenel Moise s'excuse auprès de la population pour n'avoir pas pris le temps de lui expliquer les problèmes auquels il est confronté, mais promet de le faire désormais. 

Il a une nouvelle fois indexé des membres du Secteur privé qui seraient impliqués dans la lutte pour le faire partir pour avoir osé toucher à leurs avantages. Il a cité encore l'exemple de l'ONA où 30% du Porte-feuille de crédit est controlé par un seul homme d'affaires tandis que 96 000 personnes pourraient en bénéficier à raison de 25. 000 gourdes. 

Ce Dimanche des milliers de personnes ont gagné à nouveau les rues de la Capitale et de certaines villes de province pour éxiger la démission du Président. Toutes les activités sont paralysées dans le pays: Administration publique, le Commerce, le transport, les écoles etc. 

L'Ambassade Américaine dans sa dernière note a déclaré son inquiétude face à la persistance de la crise. Elle est d'autant plus inquiète « devant l’absence manifeste de mesures urgentes visant à sortir de l’impasse politique prolongée », appelant les acteurs à trouver « une solution pacifique et démocratique » grâce à «  un dialogue inclusif ». 


La Gazette