PubGazetteHaiti202005

Assassinat de Jovenel Moise : Dimitri Hérard livre sa version des faits

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Dans un rapport envoyé à l’attention du coordonnateur de la sécurité présidentielle Jean Laguel Civil incluant le relevé des appels téléphoniques passés pendant la nuit du 6 au 7 juillet 2021, le désormais ancien commandant de l’unité de sécurité générale du palais nationale ( USPNG), Dimitri Herard a donné sa version des faits survenus quelques minutes avant l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse. Celui-ci avoue avoir reçu un appel de Jovenel Moïse lui révélant qu’il était en grand danger.

 

Les dernières informations sur les conditions dans lesquelles l’ancien président de la république Jovenel Moïse a trouvé la mort ne cessent d’enflammer la toile. Dans un rapport, Dimitri Hérard a livré sa version des faits. « Le 7 juillet 2021, à 1h35 AM, je reçois un appel du Coordonnateur de la Sécurité Présidentielle, le Commissaire Divisionnaire, Jean Laguel Civil. Ce dernier m'informe qu'il a reçu un appel du Président de la République, SEM Jovenel Moïse, lui expliquant qu'il avait entendu des détonations dans la zone de chez lui et que je devais envoyer un renfort sans perdre de temps », écrit d’entrée de jeu Mr Hérard qui dit avoir tenté d'appeler le Chef des Opérations de l’USGPN, l‘Inspecteur Divisionnaire Jacques Sincère, en vain. « Entre temps, à 1h39 AM, je reçois un appel du Président de la République qui me dit qu'il est en difficulté et de lui envoyer de l'aide immédiatement. De là, je saute m'équiper », confie Dimitri Hérard demandant, du coup, à son chauffeur de le récupérer à son domicile à Péguy-Ville pour l’emmener chez Jovenel Moïse.

 

Entre-temps, Dimitri Hérard demande à son assistant d’envoyer en urgence le maximum de renfort possible en la résidence de Jovenel Moise. « Arrivé à l'entrée de Pèlerin 3, une Pick - Up de couleur blanche du Commissariat de Potion - Ville était de travers sur la route, des agents de police administrative en position d'abris au sot, pointant vers l'entrée de Pèlerin 3. Après m'être identifié , ils m'ont expliqué qu'ils étaient en route pour chez le Président suite à l'alerte donné et qu'ayant remarqué une Toyota Prado de couleur beige paressant suspecte à l'entrée de Pèlerin 3, ils se sont arrêtés pour vérification. Selon ce qu'ils m'ont dit, il y avait à bord à peu près 4 personnes qui ont pris la fuite à la vue des policiers », raconte Dimitri Herard confirmant avoir été rejoint par  l'inspecteur Général, Vladimir Paraison, accompagné d'autres personnes avec qui il a repris la route pour la résidence de Jovenel Moise.

 

Quand ils sont arrivés à environ 30 mètres du poste de CIMO se trouvant à l'entrée de l'impasse où se situe la résidence du Président, plusieurs hommes habillés en noir avec des bottes jaunes et lourdement armés les ont intimé l'ordre de reculer. «  une voix masculine n'arrêtait pas de répéter avec un porte - voix « This is a DEA operation » Sa a se yon Operasyon DEA » « Nou pa bezwen panike », explique Dimitri Hérard soulignant qu’étant inférieurs en nombre , ne connaissant pas leur magnitude ( nombre d'hommes , nombre de véhicules , nombre et calibre d'armes ... ) et surtout , étant conscient de la possibilité que le Président soit avec eux ».

 

A ce moment, selon les dires de Dimitri Hérard, 2 pick-up de l'USGPN arrivèrent auxquels il a ordonné un repli tactique jusqu'à l'entrée de Pèlerin 5, le temps d'avoir de plus amples informations sur la situation afin qu’il puisse réorganiser sa défense. « Alors que nous faisions marche arrière, les hommes en noir avançaient vers nous, la plupart déployés au sol. Entre temps j’essaie, sans arrêt, d'appeler le Président et la Première Dame, ainsi que le plus haut gradé de l'USGPN se trouvant en la résidence du Président, l'inspecteur Bastien Conrad ; personne ne répondait », conte l’ancien commandant de l’USGPN.

 

 

A 2H00 AM, Dimitri Hérard dit avoir reçu un coup de fil du Coordonnateur de la Sécurité Présidentielle qui lui a demandé un rapport de la situation. « Je lui explique que des hommes lourdement armés, se faisant passer pour des agents de la DEA auraient captivé le président de la République », révèle Mr Hérard qui confirme que le coordonnateur lui a demandé de leur bloquer le passage. « Je décide donc de replier au niveau de l'hôtel Kinam et de mettre au travers de la rue, au pied de la route de Kenscoff. 2 pick-up de l'USGPN pour empêcher leur avancement ou la possibilité pour eux de s’enfuir. Pour avoir une meilleure idée de ce qu'ils représentaient en termes d'effectif matériels et équipements , je demande à 3 des agents qui étaient arrivés en renfort d'aller se percher au niveau de Pèlerin 4 de manière à pouvoir les contrôler à leur passage et me donner des informations opportune », explique-t-il.

 

Le Directeur Général de la PNH et le Directeur Central de la Police Judiciaire et le Directeur Central de la Police Administrative arrivant sur les lieux, devant le commissariat de Pétion-Ville, ont pris les commandes de la situation. « Ce n'est que vers 3h AM et quelques minutes que j’ai été informé de la mort du Président et de la blessure grave de la Première Dame par le Directeur Général de la Police Nationale d'Haïti Commandant Léon Charles », avance Mr Hérard qui indique que c’est à ce moment que les planifications commencèrent avec les autres corps de la police pour l'assaut qui a eu lieu vers 2h PM et qui a mené à l'arrestation de 2 haïtiens-américains , la mort de 3 colombiens et la libération des 3 otages.

 

« Les 3 otages libérés nous ont informés que les assaillants étaient au nombre de 28. Il est à noter que pendant tout ce temps, les mercenaires n'avaient curieusement jamais bougé de leur position au pied de la route de Kenscoff, au barrage que j'avais fait ériger Le lendemain , 8 juillet 2021 , nous avons procédé à l'arrestation de 11 personnes à l'ambassade de Chine ( Taiwan ) », conclut Dimitri Hérard dans son rapport du 10 juillet 2021.

 

 

 

 

 

Par : Daniel Zéphyr

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