PubGazetteHaiti202005

28 ans après l’assassinat du père Jean-Pierre Louis dit « Pè Ti Jan », la POHDH réaffirme son engagement contre l’impunité

La POHDH réaffirme son engagement contre l’impunité

La Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH), en collaboration avec le Collectif Ti Jan Vivan, a organisé une conférence-débat autour du thème « 1986-2026 : 40 ans de lutte contre l'impunité en Haïti, quel bilan ? ». Cette activité s'inscrit dans le cadre de la commémoration du 28e année de l'assassinat du père Jean-Pierre Louis, connu sous le nom de pè Ti Jan. Les organisateurs ont profité de cette occasion pour rendre hommage à son engagement en faveur des plus vulnérables et dénoncer la persistance de l'impunité dans le pays.

La Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) et le Collectif Ti Jan Vivan ont réuni, vendredi 31 juillet 2026 des responsables d'organisations de défense des droits humains, des militants sociaux et des représentants de mouvements paysans autour d'une conférence-débat consacrée au bilan de 40 années de lutte contre l'impunité en Haïti. L'activité s'est déroulée dans le cadre des cérémonies marquant les 28 ans de l'assassinat du père Jean-Pierre Louis, plus connu sous le nom de père Ti Jan.

Prenant la parole lors de cette rencontre, le secrétaire exécutif de la POHDH, Alermy Pierre Vilus, a rappelé que le père Ti Jan était profondément engagé dans la théologie de la libération, un courant de pensée qui prônait la justice sociale et la défense des populations les plus défavorisées. Selon lui, si les assassins du religieux ont réussi à mettre fin à sa vie, ils n'ont jamais pu faire disparaître les idéaux qu'il défendait.

« Ils ont tué le père Ti Jan, mais ils n'ont pas tué ses idées », a déclaré Alermy Pierre Vilus. Il a souligné que 28 ans après ce crime, les petits paysans continuent de réclamer justice, à l'image de nombreuses autres victimes dont les dossiers restent sans suite devant les tribunaux haïtiens. Pour le responsable de la POHDH, l'absence de poursuites judiciaires dans plusieurs affaires emblématiques illustre l'enracinement de l'impunité dans le pays.

Les organisateurs ont également annoncé la tenue d'une activité commémorative le 3 août 2026 en mémoire Pè Ti JAn assassiné il y a 28  ans. D'après Alermy Pierre Vilus, cette cérémonie visera non seulement à honorer la mémoire du religieux, mais aussi à renouveler l'engagement des organisations populaires en faveur de la justice sociale, de la défense des droits humains et de la lutte contre l'impunité.

POHDH a rappelé que le père Jean-Pierre Louis était un ardent défenseur des communautés paysannes et des personnes les plus vulnérables. Inspiré par la théologie de la libération, il consacrait son ministère à l'organisation des communautés rurales, à l'accompagnement des mouvements paysans et à la promotion des revendications sociales en faveur des populations marginalisées.

Intervenant également lors de la conférence-débat, la secrétaire exécutive de la Commission Justice et Paix, Jocelyne Colas a dressé un sombre bilan de la situation des droits humains en Haïti. Elle a rappelé plusieurs massacres et crimes de grande ampleur qui, selon elle, n'ont jamais été élucidés ni sanctionnés par la justice. Pour la responsable de Justice et Paix, cette succession d'affaires non résolues a progressivement fait de l'impunité une pratique récurrente dans le pays.

Les organisateurs estiment que le père Ti Jan demeure aujourd'hui une figure emblématique de la lutte pour une société fondée sur la justice, l'égalité et la participation citoyenne. Ils considèrent que son héritage continue d'inspirer les nouvelles générations de militants grâce à la formation qu'il a offerte aux organisations populaires et au soutien qu'il a constamment apporté aux communautés paysannes.

Au-delà de l'hommage rendu aux deux religieux, la POHDH et le Collectif Ti Jan Vivan ont voulu faire de cette commémoration une tribune pour dénoncer la persistance de l'impunité en Haïti. Ils rappellent que, vingt-six ans après l'assassinat du père Jean-Marie Vincent et vingt-huit ans après celui du père Jean-Pierre Louis, les familles des victimes attendent toujours que justice soit rendue.


Arnold Junior Pierre

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