Une semaine après l'arrestation de Pierre Réginald Boulos par l'immigration américaine le fils ainé du feu président Jovenel Moïse s'adresse au secrétaire d'état américain Marco Rubio.
Plus de quatre ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, son fils Joverlein brise le silence et refuse de tourner la page. Dans une lettre ouverte adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio, il interpelle Washington et réclame des actions concrètes pour mettre fin à l’impunité. Selon le premier fils du président défunt, plusieurs commanditaires présumés du crime circuleraient encore librement, certains bénéficiant même de protection sur le sol américain.
Dès les premières lignes, la lettre souligne la relation historique entre Haïti et les États-Unis, deux des plus anciennes nations indépendantes du continent. « Nos histoires sont intimement liées, et nos peuples ont toujours partagé cette responsabilité commune : soutenir l'idéal démocratique tout en défendant la dignité humaine », écrit Joverlein Moïse.
Pour lui, ce lien impose une responsabilité morale. Car, selon ses mots, « l'assassinat brutal du président constitutionnellement élu Jovenel Moïse a tué un président, mais pas l'espoir, ni la vision, ni la dignité qu'il incarnait pour son peuple ».
Le fils du défunt président dénonce le rôle de puissants acteurs économiques dans la déstabilisation chronique du pays. Il accuse ces derniers d’avoir financé « des activités terroristes, l'instabilité politique, de multiples coups d'État et, ultimement, l'assassinat de mon père ».
Selon le fils du dernier président d'Haïti, si certains individus ont été arrêtés par des institutions américaines, « d'autres, qui ont fomenté plus d'un complot contre Haïti, jouissent encore aujourd'hui de la protection de votre territoire, sans jamais être inquiétés ».
Pour Joverlein Moïse, cette situation crée un profond sentiment d’injustice et ternit l’image des États-Unis : « L'impunité de ces crimes, planifiés sur le sol américain puis commis sur le sol haïtien, ternit la réputation de votre nation et affaiblit davantage la souveraineté d'Haïti ».
Dans son message, Joverlein Moïse insiste sur l’incapacité des institutions judiciaires haïtiennes à juger de tels crimes. « Le monde entier sait que le système judiciaire haïtien a été démantelé par ceux qu'il devrait précisément juger », affirme-t-il. Pour lui, extrader des suspects vers Haïti aujourd’hui « serait un acte d'une irresponsabilité flagrante », tant que le chaos persiste et que « les forces de l'ordre et les prisons restent dysfonctionnelles ».
Joverlein Moïse prend soin de préciser que son appel ne vise pas une ingérence, mais un acte de solidarité et de justice : « Cette lettre n'est pas un appel à l'ingérence, mais un appel à la décence, à la justice ».
Avec des mots lourds de sens, il exprime la douleur d’un fils, mais aussi l’espoir d’une jeunesse qui refuse la résignation « Elle est l'expression d'une jeunesse haïtienne debout, qui refuse la fatalité, mais qui sait qu'elle aura besoin de temps, de paix, d'alliés fidèles et de bonne foi pour reconstruire sa patrie libre ».
En s’adressant à Marco Rubio, Joverlein Moïse mise sur une figure politique familière à la diaspora haïtienne. Il lui rappelle « l'autorité morale » et « la capacité » des États-Unis pour contribuer à ce que justice soit faite. Il conclut sa lettre par un appel vibrant : « Je vous remercie pour votre attention, et pour tout acte de solidarité qui permettra à Haïti de sortir enfin de l'ombre et de marcher, fièrement, vers sa renaissance ».
Par Arnold Junior Pierre
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