PubGazetteHaiti202005

Un Haïtien reconnu coupable pour contrebande d’armes vers Haïti  condamné par la justice américaine 

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Un homme d’origine haïtienne a été condamné  aux États-Unis deux ans et demi de prison ce mercredi 23 juillet 2025 pour « contrebande d’armes à feu vers Haïti.»

Jean Wiltene Eugene, 57 ans,  a plaidé coupable en avril d'un chef d'accusation de contrebande. Il devra également effectuer deux ans de liberté surveillée après avoir purgé sa peine de prison, ainsi qu'une amende de 20 000 dollars, a indiqué le bureau du procureur américain.


Les procureurs affirment qu'Eugene a expédié  des armes dissimulées dans des voitures en Haïti par l'intermédiaire d'une société d'exportation, après avoir rempli les documents requis attestant que les véhicules ne contenaient ni armes à feu ni munitions, selon le ministère de la Justice. 

Lors  d’un entretien avec des agents fédéraux après son arrestation à Key West en mai 2024, les procureurs affirment qu'Eugene a admis avoir expédié deux véhicules en Haïti contenant des armes à feu dissimulées à l'intérieur en 2020 et 2021. Il a déclaré aux agents avoir placé de la nourriture et d'autres objets autour des bacs contenant les armes afin de les dissimuler aux autorités, selon le gouvernement.


Selon les procureurs, il aurait ensuite déclaré aux agents que les neuf armes qu'il avait achetées à Key West sous son nom se trouvaient, à l'époque, dans une station-service lui appartenant en Haïti.


Eugene, né en Haïti avant de s'installer à Key West, a également avoué aux agents qu'il savait qu'il enfreignait la loi en envoyant des armes dans son pays d'origine, selon le parquet. Si Eugene avait été jugé et condamné par un jury, il encourait jusqu'à 10 ans de prison et une amende pouvant atteindre 250 000 dollars, selon le ministère de la Justice.

Durant ce même mois, un homme nommé Williamson Dossous a été arrêté juste avant d'embarquer à bord d’ un vol à destination d'Haïti.  Ce dernier est accusé de contrebande de marchandises et d'exportation illégale d'armes à feu et de munitions. 

Ces accusations ont fait suite à une inspection effectuée le 16 janvier par les douanes et la protection des frontières des États-Unis d'un conteneur à destination de Cap-Haïtien, en Haïti. 

Les agents ont découvert des armes à feu et des munitions dissimulées dans des paquets de vêtements et emballées dans du papier aluminium. La cargaison était étiquetée « articles ménagers et effets personnels ».Les enquêteurs du Département de la Sécurité intérieure affirment que Dossous n'a acheté aucune des armes lui-même – une tactique courante pour éviter de laisser une trace écrite. 


En mars, des agents fédéraux ont interrogé une femme qui avait acheté deux des armes à feu 37 jours avant la saisie. Elle a déclaré être une amie de Dossous et qu'il l'avait conduite acheter les armes pour se protéger. Par la suite, elle les a laissées dans sa voiture lors d'une urgence familiale et ne les a jamais récupérées. Elle a affirmé que Dossous avait ignoré ses appels et avait quitté la ville.

Deux autres armes ont été retrouvées chez le fils de Dossous, qui les avait achetées 122 jours avant la saisie. Une troisième provenait d'une patiente d'une clinique chiropratique où Dossous est répertorié comme secrétaire. 

Cette femme a déclaré ignorer comment Dossous s'était retrouvé en possession de l'arme, mais avoir entendu dire qu'elle avait été saisie lors de la tentative d'expédition. 

Une autre arme a été achetée par une autre connaissance, qui a affirmé qu'elle se trouvait dans un véhicule lors d'un accident de voiture en décembre 2024 et ne l'avait plus revue depuis. Il a admis connaître Dossous comme un expéditeur fréquent de marchandises vers Haïti. Les registres de vol montrent qu'ils se sont rendus ensemble au Cap-Haïtien en juillet 2023.

Lors d'un entretien le 13 juin, Dossous a déclaré aux enquêteurs qu'il expédiait des conteneurs vers Haïti depuis plus de 20 ans, soit en moyenne deux ou trois par an. 

Il a nié avoir eu connaissance de la présence d'armes à feu dans la cargaison de janvier. Mais environ une semaine plus tard, une source confidentielle a fourni aux autorités un appel téléphonique enregistré dans lequel Dossous évoquait la cargaison et l'intérêt des forces de l'ordre à recueillir son ADN. 


On l'entend dire : « Ils vont prendre mes empreintes digitales sur ces [armes] parce que je les ai touchées… J'étais là quand il faisait ça… Je suis au courant pour les armes, je les ai touchées. » Les autorités ont confirmé que la voix était celle de Dossous et que le numéro de téléphone était celui de sa petite amie, avec une adresse de facturation correspondant à son domicile.

Les enquêteurs ont également confirmé que Dossous ne détenait pas le permis d'exportation requis pour expédier légalement des armes à feu et des munitions à l'étranger. Après son arrestation à l'aéroport, Dossous aurait entendu des agents discuter d'une autre affaire de contrebande et aurait spontanément déclaré : « Je sais que mes empreintes seront sur les armes, car je les ai touchées. Je ne vais pas mentir. » 

Dossous a  déjà comparu devant la juge Lisette M. Reid, qui a fixé sa caution à 300 000 dollars, somme qu'il a versée et a depuis été libéré sous diverses conditions, notamment la remise de son passeport.

Ave Miami Herald

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