PubGazetteHaiti202005

Jamaïque: de retour au pays, Ariel Henry reconnaît que le dialogue n’a pas abouti aux résultats escomptés

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Le Premier ministre Ariel Henry est de retour au pays ce mardi 14 juin 2023 après trois jours en Jamaïque avec des protagonistes de la crise haïtienne. En conférence de presse, le chef du gouvernement regrette que ce dialogue n’ait pas abouti aux résultats souhaités.

 

Alors que les débats ont été houleux et que ses alliés et lui ont clairement affiché leur désaccord face à la proposition d'un exécutif bicéphale proposé par d’autres partis ou structures, faisant capoter les chances d’une déclaration conjointe signée par la majorité des secteurs. Ariel Henry, de retour en Haïti, a regretté que ce dialogue n’ait pas abouti aux résultats souhaités.

 

Toutefois, le Premier ministre estime qu’il valait la peine de faire le déplacement en Jamaïque pour rencontrer des acteurs haïtiens avec des idéologies différentes surtout celles qui n’ont pas participé au forum organisé par le Haut Conseil de la Transition en mai dernier.  « C’était une occasion de renouer le contact avec eux et d’engager à nouveaux avec eux un dialogue franc et sincère. Ne serait-ce que pour cela, cette initiative de la CARICOM est une bonne chose », a indiqué Ariel Henry.

 

Ces consultations, selon le titulaire de la primature, lui ont permis de constater que sur plusieurs sujets d’importance, les points de convergence entre lui et les autres acteurs sont plus nombreux que les points de divergences.

Lors de ces assises, Ariel Henry dit avoir demandé aux acteurs de faire front commun afin d’endiguer l’insécurité dans le but de permettre à la population de reprendre ses activités économiques et ainsi organiser les élections dans le plus bref délai. Et aussi, il indique que le Haut Conseil de la Transition et son gouvernement restent flexibles dans la perspective d’étudier des modifications dans la structure de la gouvernance du pays tout en s’accordant pour faire des changements pour un gouvernement plus inclusif. « Cet esprit d’ouverture devrait nous rassembler pour sauver Haïti », estime-t-il.

 

Malgré ces assises, le Premier ministre réaffirme subtilement son intention de faire cavalier seul. Dans cette conférence de presse, Ariel Henry informe qu’il va faire des consultations autour des personnalités crédibles à proposer par le gouvernement au HCT pour la mise en place du CEP en vue de paver la voie aux prochaines consultations populaires.

 

Cette rencontre a été réalisée sous les auspices de personnalités éminentes de la CARICOM - Bruce Golding, ancien Premier ministre de la Jamaïque, Perry Christie, ancien Premier ministre des Bahamas et le Dr Kenny Anthony, ancien Premier ministre de Sainte-Lucie).

 

A l’issue de ces pourparlers, la majorité des forces politiques, Fanmi Lavalas,  Montana, UNIR, EDE, la Force Louverturienne Réformiste, En Avant, PHTK, OPL, Nou Pap Domi, Collectif des Partis Politiques du 30 Janvier, MOPOD sont parvenus à trouver une  entente dite « déclaration de Kingston, Jamaïque »  et proposent une forme de  gouvernance bichéphale. Ces partis et structures socio-politiques ont proposé « un exécutif  composé d'un Collège présidentiel et d'un Gouvernement d'unité nationale dirigé par un Premier ministre en vue du rétablissement du pouvoir exécutif ». Le document ne mentionne pas le nom de Ariel Henry.
 
Ce gouvernement, selon les signataires, devra créer les conditions nécessaires pour inspirer confiance à la population ; instaurer un climat de sécurité favorable à la reprise des activités économiques, aux réformes et à la tenue d'élections crédibles et inclusives ; satisfaire les priorités définies dans une feuille de route tenant lieu de termes de référence pour la transition. De plus, les signataires proposent la mise en place d'un Comité de suivi constitué entre autres de représentants de la CARICOM.
 
Du côté du Premier ministre et des alliés du 21 décembre, ces propositions ont été rejetées d’un revers de main. Ils ne jugent que pour un exécutif monocéphal avec le Premier ministre Ariel Henry soutenu par un gouvernement inclusif d’unité nationale.  Dans des tweets successifs, André Michel, grand allié du pouvoir, pointe du doigt les forces de l’opposition qui, selon lui, ont tout fait pour que cette rencontre soit un échec cuisant.
 
« L’intransigeance de certains compatriotes de l’opposition et leur volonté de s’accaparer de tous les pouvoirs pendant cette période intérimaire ont fait échouer le Sommet de Kingston, Jamaïque. SDP, signataire de l’Accord du 21 DÉC, le regrette énormément, mais ne perd pas l’espoir », écrit-il, soulignant que « la proposition du PM Ariel Henry de procéder à la formation d’un Gouvernement inclusif d’Unité Nationale et d’augmenter la composition de l’HCT a été rejetée d’un revers de main par l’opposition qui a proposé un Collège présidentiel, un nouveau gouvernement et un autre PM. »
 
« L’esprit d’ouverture et de Compromis qui animait le Premier ministre Ariel Henry et les Signataires de l’Accord du 21 Décembre n’étaient pas de l’autre côté. Partie remise. Nous allons continuer le dialogue inter-haïtien. Maintenant, à l’HCT d’inviter les parties pour la poursuite du Dialogue en vue de créer les conditions pour l’organisation des élections dans un climat sécuritaire et d’apaisement socio-politique, dans l’esprit du Consensus du 21 Décembre 2022 pour des élections inclusives et transparentes », ajoute André Michel.

La CARICOM, de son côté, a promis de poursuivre le dialogue dans les prochains jours à Port-au-Prince.

 

 

 

 Par: Daniel Zéphyr

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