Intervenant ce vendredi 10 mars 2023 à l'émission Le Rendez-Vous avec Volcy Assad, l’ancien Premier Ministre haïtien Laurent Lamothe s’est insurgé contre les sanctions prises par le Canada à son encontre. Lamothe indique que les sanctions ont été prises à partir de deux articles dénichés sur Google alléguant qu’il est de connivence avec les gangs.
Il faisait sa première interview au micro de Gazette Haïti News. Laurent Lamothe, homme d’affaires et ancien premier ministre d’Haïti sous la présidence de Joseph Miche Martelly a encore clamé son innocence par rapport aux sanctions canadiennes.
« J’étais tombé des nues. Quand j’ai appris la nouvelle, la première chose que j’ai faite est d’essayer de comprendre l’origine de ces sanctions », lâche d’entrée de jeu Lamothe pour expliquer ses premières réactions. Après une période de réflexions, l’homme d’affaires a décidé d’engager une firme d’avocats.
« J’ai assigné le gouvernement canadien. L’assignation a demandé au gouvernement du Canada de retirer mon nom tout en demandant ce qu’ils ont comme preuves ou rapports d’enquête contre moi ; les témoignages démontrant que je fais partie d’un quelconque gang et l’identité de ces gangs », explique Laurent Lamothe.
Après plus de trois mois, le gouvernement canadien a finalement réagi. « Le procureur de du Canada a envoyé deux articles de deux pages trouvés sur Google. Un datant de 2017, un autre en 2020 qui n’a rien à voir avec les gangs », rapporte Lamothe qui indique que ces articles traitaient des questions sécuritaires. « Mon nom n’est même pas cité », ajoute-t-il.
Après avoir reçu les articles du procureur du Canada, ses avocats ont demandé, poursuit-il, à ce dernier si ce sont les documents sur lesquels le Canada s’est basé pour imposer les sanctions. « Il a répondu oui. Non seulement, le Canada s’est basé sur ça. Cela a été approuvé en conseil des ministres et signé par le gouverneur du Canada », rapporte-t-il.
« Des sanctions fantaisistes »
Laurent Lamothe dit ne pas arriver à comprendre que « le Canada, une des plus grandes puissances mondiales puisse arriver à un niveau à prendre de telles décisions sans aucun fondement ». « Ce sont des décisions arbitraires et opaques », estime-t-il.
Laurent Lamothe pointe aussi du doigt l’ambassadeur du Canada en Haïti Sébastien Carrière. Un diplomate qui, selon lui, agit en maître et seigneur dans le pays. « Il suffit qu’il ne vous aime pas et il vous inflige des sanctions. Il a un problème avec quelqu’un pour une question de femme, qui a été sanctionné », explique Laurent Lamothe.
Sur les réseaux sociaux, les semaines antérieures, des rumeurs faisaient croire que le Canada a imposé des sanctions à l’avocat et homme d’affaires Salim Succar pour une question de femme. Selon ce qui est écrit, l’actuelle partenaire de Sébastien Carrière aurait entretenu des relations sentimentales avec Salim Succar.
« Je n’ai rien au Canada »
Si ces sanctions portent un coup à son image dans l’opinion publique, Laurent Lamothe indique qu’elles ont peu de conséquences sur lui. « Je n’ai rien au Canada », lâche-t-il.
Laurent Lamothe révèle qu’il détenait de très bonnes relations avec le Canada quand il était premier ministre surtout avec ses représentants dont le chef du MINUSTHA de l’époque dans le cadre des actions visant à diminuer les exactions des gangs, rappelle-t-il, une façon de montrer « l’incohérence » dans la prise de ces sanctions.
Actuellement, dans la base de données du Canada, plus de deux milles personnalités sont sanctionnées, a souligné Lamothe. « C’est totalement politique. Dès que vous êtes dans tel camp, vous êtes sanctionné. A partir du moment que vous changez de camp, vous êtes retiré de la liste. C’était arrivé avec l’ancien chef d’intelligence du Venezuela. Il était avec Maduro, il a été sanctionné. Une fois qu’il devient opposant de Maduro, les sanctions ont été enlevées », rappelle l’ancien ministre des affaires étrangères.
De l’avis de l’ancien Premier Ministre de Michel Joseph Martelly, le Canada veut déblayer le terrain pour faire place à ses protégés. Une approche qui, selon Lamothe, ne fait qu’enfoncer le pays au fond du précipice.
Par: Daniel Zéphyr
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