Intervenant ce mardi 7 mars 2023 à l’émission Panel Magik de la radio Magik 9, la Présidente du Haut Conseil de la Transition Mirlande Manigat n’est pas allée de mains mortee pour fustiger le comportement du premier Ministre Ariel Henry par rapport au Haut Conseil de Transition. Manigat dénonce le fait que des moyens ne sont pas encore mis à la disposition de l’institution. Manigat exprime ses premières déceptions et frustrations dans cette aventure
A peine un mois et les langues se délient déjà. A la matinale de Magik 9, la Présidente du HCT Mirlande Manigat n’a pas été tendre avec le chef du gouvernement Ariel Henry que le HCT doit épauler dans la nouvelle dynamique de pouvoir. Un mois après, le train du HCT n’a pas encore décollé. La situation est complexe et les raisons ne manquent pas pour justifier ces entrefaites.
« Nous essayons de nous mettre en place. Là où nous sommes logés ne convient pas. C’est un immeuble particulier. Nous sommes au 5e étage du ministère du Commerce. Il y a des meubles mais il n’y pas de bureaux. On ne peut même pas trouver une feuille de papier. Nous avons des difficultés pour fonctionner comme institution. On ne peut pas recruter du personnel puisqu’on n’a pas encore de budget. Nous avons dû protester, arguant qu’on ne peut pas nous traiter de cette manière. Nous espérons que les personnes à qui nous nous adressons seront de bonne foi et que nous pourrons fonctionner bientôt comme n’importe quelle institution de l’Etat », a-t-elle fait savoir dans cette interview à Magik9. Des propos repris par le quotidien Le Nouvelliste.
Le silence du Haut Conseil de la Transition a eu droit à de nombreuses interprétations dans l’opinion publique. Plus d’un a tendance à croire que les trois membres de cette structure sont à solde du chef du gouvernement Ariel Henry. Une interprétation rejetée d’un revers de main par Manigat. « Les gens pensent que l’on est à la merci du gouvernement. Que le premier ministre fasse de nous ce qu’il veut. Ce qui n’est absolument pas le cas. Vous ne pouvez pas me voir comme quelqu’un qui peut accepter n’importe quoi de n’importe qui », lâche-t-elle.
Hier, une importante réunion a été tenue entre la Présidente du Haut Conseil de la Transition Mirlande Manigat et des signataires de l’accord du 21 décembre. L’un des points discutés lors de cette réunion a été l'application de l'accord et la problématique de l’insécurité. Dans cette interview, Manigat dit reconnaître l’impatience de la population pour un retour à la normale. Toutefois, elle reste convaincue qu’il revient au gouvernement de Ariel Henry d’apporter des réponses à cette situation.
“Nous comprenons les critiques et l’impatience de la population. Mais nous travaillons sans relâche, discrètement, pour donner des résultats. Nous avons l’impression que le public attend énormément de nous. Nous ne serons peut-être pas en mesure de satisfaire les désidératas les plus importants, notamment en ce qui concerne le phénomène de l’insécurité. Il revient au gouvernement d’assurer la sécurité de la population”, a-t-elle déclaré.
De plus, la présidente du Haut Conseil de la Transition déplore le fait que certains articles du consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes communément appelé accord du 21 décembre n’ont pas encore été appliqués surtout la question du remaniement ministériel. « Jusqu’à présent, le premier ministre n’a pas encore donné de signe qu’il va changer des ministres. En fonction des évaluations et des feed-back du public, la plupart des ministres et des directeurs généraux devront partir. C’est ce qui a été conclu et publié dans le journal Le Moniteur. Nous attendons les premiers signes de l’application de cette disposition”, indique la constitutionnaliste.
Il y a quelques jours, le gouvernement a rendu public un arrêté dans lequel il nomme huit nouveaux juges à la cour de cassation. Mirlande Manigat confirme le HCT a participé au conseil des ministres statuant sur le choix des juges. Toutefois, les membres n’ont pu que formuler des points de vue et non le choix des juges.
Si le HCT a pris part au Conseil des ministres qui a statué sur le choix de 8 juges à la Cour de cassation, madame Manigat explique leur rôle qui s’est limité qu’à des avis. “Nous avons formulé nos points de vue. Mais nous n’avons pas choisi les juges”, dit-elle.
La nomination de ces juges à la cour de cassation représente l’un des cheminements pour la création prochaine du conseil électoral provisoire. Toutefois, le CEP n’a pas encore fait objet de discussion. “Pour moi, il faut préparer une nouvelle constitution et former le CEP. Il faudrait voir dans quel ordre mener ces deux chantiers”, dit-elle.
Par : Daniel Zéphyr
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